N. Bedos vs T. Banon : Tristane, ma "meilleure amie"


Par Nicolas Bedos.

Le journal mythomane.

(Parue dans le journal Marianne N° 752)

Vous ne pouvez pas plus retenir un éclat de rire que vous ne pouvez retenir la marée. Les deux sont une force de la nature. " William Rothsler"

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Lundi. Cher lecteur,

Alors que le soleil balinais caresse tendrement mon âme endolorie (oui, sois prévenu : je poétise plus haut que mon cul), me suivant comme une groupie, y compris aux terrasses de ces bars à tapins qui, généreux en diable, inscrivent à leur menu de jeunes Indonésiennes pour le même prix qu’un Coca light, bref, lundi, alors que j’aiguise mes crayons au large de Singapour (façon « Jérôme-garcinesque » de dire que je ne fous rien), le directeur de Marianne fait vibre mon téléphone (45 € la minute). « Nicolas, me jure-t’il sur la tête de sa mère morte, ta liberté sera totale. Tu connais la maison, ses couvertures – si mesurée – sur notre cher monarque [«  Le voyou de la république », « La racaille de l’Elysée », « Le furoncle néolibéral », « La plus petite bite de France », et j’en passe], crois-moi, personne ne viendra raturer tes dérapages. « J’ai décidé de le croire (il a une bonne tête de gauchiste critique et un chéquier dans la main droite).

Afin de te le prouver, cher lecteur, commençons sans scrupule par l’ »affaire Macé-Scaron », qui jette le discrédit sur l’un des plus brillants dactylos du journal. Joseph adore ce que je fais, alors je vais le défendre ! Ne préfères-tu pas lire les emprunts raffinés d’un lecteur averti que les graphomanies d’une tâcheronne authentique ? Prenons A. Nothomb (dont la merde est bien d’elle), ne ferait-elle pas mieux d’aller piquer quelques passages lisibles dans sa bibliothèque ? Le faux surpasse souvent le vrai, me disais-je encore cette nuit en contemplant de toute mon âme la poitrine siliconée de ma petite amie, préférant largement ces appendices artificiels aux gants de toilette élimés qu’elle agitait vainement sous mon regard blasé. Le problème de Scaron, qu’il partage avec Minc, Attali et d’Arvor (la liste complète est disponible sur mon site), n’est pas tant la malhonnêteté que la course contre la montre : pauvres forçats des lettres obligés de courir d’une radio à une télé, d’une ITV sympa à une critique vacharde, du grand journal (trop court) au petit journal (trop long), en passant par la foire aux livres et légumes… Et tu voudrais – en prime – qu’ils écrivent leurs bouquins ? Un peu de compassion ! PS : Bon courage, mon Joseph, ne te jette pas sur la cyanure : tu as bien du talent et les Français sont aussi sévères qu’amnésiques. Rejoins-moi à Bali et reviens dans six mois, avec Anne Sinclair.

 

Mercredi. Cher lecteur indigné,

Tu pourras dire ce que tu veux du retour peu discret de Dominique Strauss-Kahn (c’est vrai qu’il aurait pu la jouer queue basse : rejoindre la Belgique dans la soute d’un ballon dirigeable, atterrir en parachute, dissimulé sous une perruque de Lady Gaga, puis descendre sur Paris à dos d’âne), tu peux continuer à pester, calculer le prix de l’essence de la berline qui transporte ses valises de remords, suspecter à loisir les sourires que lui et sa femme se balancent sous les flashs, mais moi, mardi, ne t’en déplaise, j’ai envoyé un bouquet de fleurs à l’épouse en titane, l’ »admirable » Anne Sinclair. Misérable offrande pour tous les services qu’elle vient de rendre aux couples dits « modernes » – et plus précisément aux enflures infidèles dans mon genres, ces éternels adolescents (priapique ET romantique) dont la capote est tiraillée entre deux sincérités successive : d’un côté, ce désir fugace (mais vif) que leur inspire la conne qui passe, et, de l’autre, cet amour profond qu’ils ne cessent d’éprouver pour la madone qui reste. Grâce à toi, ma chère Anne, les cocues ivres de rage viennent de se transformer en déesses de l’amour 2.0 : tu annonces une nouvelle ère, durant laquelle on ne nous obligera plus à croire qu’une seule et même paire de nibards (rassure-toi, chienne de garde, je pourrais pareillement évoquer la navrante excroissance qui pendouille entre nos cuisses), bref, qu’un unique objet peut enflammer l’âme sœur jusqu’à la fin de nos jours. Non ! Anne n’est pas le modèle désuet de la soumise aux yeux fermés (comme le vocifère ma marraine adorée – Gisèle Halimi – que je préfère en tête-à-tête à déjeuner qu’en tête à claques sur ITélé), bien au contraire, marraine, Anne, c’est l’avenir de nous tous : l’amitié dans l’amour, les « a » minuscules servant de circonflexe au grand « A » du verbe « aimer », c’est le pluriel anecdotique qui, dans un monde d’adulte, ne devrait pas froisser le singulier sacralisé.

 

Vendredi.

L’imprésario de Tristane Banon (qui se fait passer pour sa mère) lui souffle un « J’accuse DSK », – dont le style juvénile rappelle davantage Anna Gavalda que l’auteur de Germinal.

Qu’elle ait été brutalisée ou non par un malade mental (Rocard n’est pas gâteux, Rocard est franc), cette romancière convalescente est moins bonne que Torreton dans le rôle de la victime. J’en profite pour implorer Tristane d’arrêter de me citer dans la presse comme son « meilleur ami ». Du peu que je m’en souvienne (il était tard dans mon whisky), je ne l’ai croisée qu’une fois, dans une boîte à la mode ringarde, et ce fut un peu court pour parler de symbiose. Elle a juste eu le temps d’évoquer ses projets, qui sont restés muets, la rubrique des faits divers l’empêchant sans doute de squatter les pages culture. Dommage. Tristane, fragile Tristane, retardataire lacrymale : puisque à te lire nous sommes désormais comme les deux doigts de la main, permets-moi de te rappeler que la justice fonctionne. Elle ta paraît sans doute trop lente, mais, vu les huit années qu’il t’a fallu pour porter plainte, je t’invite aujourd’hui à davantage de modestie. Conseil de bon copain : euthanasie ta mère et termine ton bouquin.

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Publié dans Complot politique, Humour, Politique

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