Le journal mythomane de Nicolas Bedos : Les derniers jours d’un condamné (à tord ?)


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Quand bien même aurais-je su qu’elle était plus sensible au gris-vert d’un billet qu’à celui de mes yeux, dois-je être mis en examen ? “Nicolas Bedos”

 

Le journal mythomane de Nicolas Bedos, parut dans le journal Marianne N° 780

 

Bedos 6LUNDI. Après que DSK a été exhibé avec menottes et demi-barbe dans la télé de ses propres gosses, après que l’ensemble des médias m’ont expédié à Alcatraz avant même le procès, après qu’on a eu l’occasion de se tirer sur la tige en lisant ses textos égrillards (si tu lisais les miens, petit, tu serais foudroyé par une méningite morale), après que le Parisien l’a prétendu « mort-vivant », puis bientôt « quitté par sa femme », que plusieurs prostituées décrivent ses galipettes dans les pages politiques de nos nobles gazettes, que ses pouvoirs ont été (légitimement) jetés aux orties, ses modestes conférences huées jusqu’en Chine, sa femme étrillée par d’obscures féministes, ses amis écartés par la trouille d’une contagion, bref après que sa vie patachonne a fait de ce presque président un chômeur déshonoré, le voilà mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée ». Du coup, lundi, je flippe ma race.

Jadis aux heures blanches de la nuit, n’ai-je pas moi-même goûté aux charmes éphémères de muses dont le désintérêt financier ne fut jamais authentifié ? Je repense, non sans pâlir, à une certaine Katouchka Pornotova qui encombra mon lit davantage que mon cœur et dont les talons compensés ne compensèrent guère le nanisme du cerveau. Certes mon physique hollywoodien et mon sexe togolais n’ont jamais eu besoin de rallonge pécuniaire; certes, je la revois encore rire à gorge profonde après chacune de mes saillies, mais quand on sait que cette polytoxicomane parlait à peine sa propre langue, ne dois-je pas craindre qu’un ami facétieux ait financé son enthousiasme ? Soudain, je tremble ! Pour quelques dialogues corporels, me voilà « proxénète en bande organisée » ? Quand bien même aurais-je su qu’elle était plus sensible au gris-vert d’un billet qu’à celui de mes yeux, dois-je être mis en examen ? Que dire de Belmondo qui loue une coquine à l’année sans que personne ne l’inquiète, excepté son cardiologue ? Et que dire de mon père ? Il est certain que sa femme – que j’ose appeler « maman » depuis que j’ai l’âge d’ouvrir ma gueule – ressemble davantage à une comtesse galloise qu’à une entraîneuse lilloise, mais qui peut certifier que ces trente ans de mariage ne furent pas regelés en douce par un cartel breton ? Et que dire de toi lecteur priapique qui me lit chaque semaine en jouissant à chaque ligne ? Tu sais bien que Marianne m’oblige à tapiner le trottoir de l’ironie pour une somme dérisoire ! Longeant le bois de nos besognes, tu te chauffes sur Guillon le mardi dans Libé et, le samedi, tu souilles Bedos !

MERCREDI. Le journal Le Monde publie carrément le procès-verbal des poules à DSK. C’est pas cool le progrès ? En ouvrant le canard du soir, tu peux te téléporter dans un commissariat ! Quels sont donc ces derniers scoops qui menacent la République et notre quotidien ? Eh bien « à ce qu’on dit » (formule de journaliste moderne”, le Strauss ne serait pas franchement féru du tantrisme à la Sting (ce guitariste blond qui fait beugler sa femme en lui soufflant sur les épaules) non « à ce qu’elles disent » il préfèrerait les prises de catch aux massages tibétains. Merci Le Monde de me prévenir ! Je ne serai pas sorti de chez moi avant de savoir la vérité sur sa « bestialité ». En revanche, je suis très déçu par l’absence d’illustration : aucune photo de coïts carltoniens, même pas un brouillon des positions litigieuses. C’est dommage que sa femme n’ait rien de visuel à se mettre sur le chagrin. On lui évite bêtement une dépression nerveuse !

JEUDI. A cheval entre le film porno et le film d’horreur, le supplice s’accentue : pissant de manière spectaculaire sur les droits de l’homme de la défense et la Constitution, la presse peut salir DSK, mais ce dernier ne peut pas se laver dans la presse ! Sa bouche est barbelée. « Encaisse et ferme ta gueule ! T’es échangiste ? Alors, mange la poussière, toi et tout ton fric, ta femme célèbre et ses tableaux de famille, tes cinq ans au FMI, ta gauche foie gras… Au Scrabble des envieux, la moindre faute coûte triple. T’as vue des putes ? Tue-toi ! Tiens prend ce flingue, je te montre comment ça marche : tu débloques le cran de sureté, tu te glisses le canon dans ta bouche pâteuse et tu appuies sur la détente ! Essaie pour voir ! » Boum ! Oh merde, il a tiré avant l’acquittement ! C’est donc qu’il est coupable !

VENDREDI. Dominique Strauss Kahn, ancien ministre d’Etat, ex-président de plein de trucs, sommité économique, et depuis peu professeur à Sciences-pas de pot, a été retrouvé mort dans son cachot de la Place des Vosges. Aussitôt des photos de son cadavre ont été diffusés par Le Monde, l’Express, le Parisien et le JDD. Afin d’éviter tout rassemblement libertin, la justice a interdit à sa famille d’enterrer sa dépouille. Le corps du « monstre » sera brulé place de la République, puis jeté dans les catacombes d’une île tenue secrète. Afin de dédommager les victimes présumées (et calomnieuses, soyons sport) les Picasso de sa veuve seront bradés aux puces de Saint-Ouen. Vendredi soir, à l’heure où le pervers sortait jadis de sa planque, une minute de silence sera observée en hommage à Nafissatou, Zubia, Gisèle, Svetlana, Tristane, Jean-Claude (révélation du Monde), Catherine Deneuve (révélation de Stéphane Bern) et Nicolas Bedos (au point où il en est, je peux bien dire ce que je veux). D’autre part, pour l’avoir soutenu – belle et ongle – dans l’épreuve, Anne Sinclair sera tondue et traînée au bout d’une corde de Paris à New York, ce qui lui laissera le temps d’expier son amour pugnace. Quant à ses enfants dont les gênes sont suspectes, ils seront débaptisés et rebaptisés « l’Eventreur » afin qu’ils se rappellent la honte qui fut la leur.

SAMEDI. Pendant ce temps-là en Suisse, dorant au soleil ses joues lézardées, Liliane Bettencourt joue au bridge avec le souvenir des sourires de Sarkozy.

 

Par Nicolas Bedos, le journal mythomane, Marianne N° 780.

 

(Merci à Domi05 du Comité de soutien à Dominique Strauss-Kahn.)

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Publié dans Complot politique, DSK, Election présidentielle 2012, Humour, Les news de Sarkouille la fripouille, Politique

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