Révolution en Syrie : la chaine d’espoir publie les poèmes de désespoir et d’espoir des Syriens et des Syriennes


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Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. « Simone de Beauvoir »

 

La révolution fait rage en Syrie, les civils sont pris entre deux feux.

D’un côté, le régime de Bachar al-Assad avec une cruauté sans nom réprime dans le sang en tuant, torturant et massacrant des femmes, des hommes et même des enfants.

Et de l’autre côté, nous avons des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui s’opposent au régime de Damas et aspirent à son départ, on les surnomme les rebelles, moi je préfère les nommer les révolutionnaires.

Cela fait plus d’un an que nos dirigeants de cette planète ne trouvent aucune solution pour arrêter ces massacres, alors que la situation empire de jour en jours.

Mais quelle impuissance à regarder le peuple syrien se faire tuer !“, raconte avec émotion la directrice éditoriale du Huffington Post, Anne Sinclair, dans son éditorial du 12 février 2012 : « Il est désormais permis de tuer« .

Reste pour nous, Français, Françaises, Européens… a créé une chaine d’espoir lancée par le Comité de soutien à DSK, en publiant les poèmes de désespoir et d’espoir aussi, de tous ces Syriens et Syriennes, qu’Anne Sinclair et le Huffington Post ont reçu clandestinement de la part d’une Syrienne, afin, je suppose, que l’on entende la douleur de ces centaines de milliers de voix meurtries par tant de souffrance… mais d’espoir, aussi.

Quelques poèmes venus de Syrie :

 

Le cri des suppliciés

Le cri des suppliciés hurlant sous la torture
Lacérait dans la nuit un silence résigné
Dans ce pays lointain l’hideuse dictature
Bâillonne encore les lèvres, enchaîne les poignets…

Le cri des suppliciés qui hurlent à la mort
Déchirait lancinant nos oreilles indignées
Et les larmes de rage m’emplissaient de remords
Et l’écume de haine me faisait trépigner…

Qui donc étaient ces hommes et quels étaient leurs crimes ?
Dénoncer le pouvoir, ses systèmes retors ?
Avaient-ils eu le cran de braver le régime ?
Ou simplement crié « LIBERTE » un peu fort ?

Où sont-ils à présent ? Croupissant dans les geôles ?
Cadavres, ossements, disparus sous la terre ?
Ou vivants mais muets gardant sur leurs épaules
Ces marques au fer rouge au profond de leur chair ?

Mais de quel droit un homme peut faire souffrir un homme ?
Au nom de quelle doctrine, de quelle divinité ?
Et tous ces tortionnaires pourraient-ils donc en somme
Prétendre encore aspirer à l’éternité ?

Alors serrant les poings pour calmer ma violence
Des confins de la nuit me reviennent encore
L’insupportable écho déchirant le silence
Le cri des suppliciés qui hurlent à la mort….

 

À ma terre meurtrie

À ma terre meurtrie de sang et de souffrances
Berceau d’Humanité, berceau de mon enfance
Pour que cesse l’horreur des combats et des armes
Je dédie mes mots, ma révolte, mes larmes….

D’avoir ployé longtemps sous le poids du silence,
D’avoir courbé le dos sous le joug des violences,
D’avoir tremblé longtemps dans l’effroi, la terreur
Nous avons tous grandi à l’ombre de la peur…

Pour avoir réprimé dans la honte notre orgueil,
Ravalé l’amour-propre, de nos droits fait le deuil,
Refoulé la colère quand nos gorges se nouent
Nous avons enterré la dignité en nous….

Dignité retrouvée ! O rêve d’espérance !
C’est bien dans la douleur qu’a lieu ta renaissance !
N’est-il de liberté qu’au prix de barbaries ?
Et n’est-il de justice acquise sans tyrannie ?

Par le rouge des flots qui coule dans nos veines,
Et par la fulgurance des révoltes soudaines,
Par la force du peuple qui relève le front
Qui se relève enfin pour essuyer l’affront :

J’en appelle à l’amour qui fleurit dans nos cœurs
J’en appelle aux rivières de sanglots et de pleurs
J’en appelle à ces voix qui scandent levant la paume
A celles qui psalmodient des versets ou des psaumes
J’en appelle au printemps, à l’odeur du jasmin
Pour que la LIBERTE éclaire ton chemin ….

SYRIE !

 

Le courage a un visage

Dans un accablant silence
Voir un peuple qui se meurt
Dans une froide indifférence
Lui seul porte sa douleur
Comme le Christ sa croix
Regardez le cheminer
Un chant tonne dans sa voix
Il avance, obstiné
Torse nu vers la mitraille
Le front haut, le regard fier
Dans l’inégale bataille
Il est digne, téméraire
Il va forger son destin
Arracher sa liberté
Comme les doigts d’une main
Il clame son unité
A tout jamais le COURAGE
Altier, vaillant, aérien
Devrait porter un visage :
Celui du peuple SYRIEN

 

Oum al Chahid

Elle a lentement replié
En deux son tapis de prière
O Dieu des cieux et la terre :
« Comment pourrai-je l’oublier ? »
Sur son visage résigné
Coulent les larmes d’amertume
Si le désarroi la consume
La décence y est consignée…
Et puis voilà que ses mains tremblent
Prise d’un sursaut de conscience
Puisque l’attente et l’espérance
Jamais plus ne seront ensemble…
Et son regard fier et docile
Brille d’un chagrin immuable
Mais dans son cœur inconsolable
Le deuil a élu domicile…

« ô mon tout petit, mon enfant,
Toi de mon regard la lumière,
N’ai-je vécu au fil des ans
Que pour te voir porté en terre ?

ô si j’avais pu retrancher
De mes années pour que tu vives !
Te les offrir et m’épancher,
D’émoi tant que les jours se suivent…

Je déroule de ta jeunesse
Des souvenirs qui fleuriront….
Je te sens presque en mon giron
Comme bien avant que tu ne naisses…

Et je garderai la fraîcheur,
Emouvante de ton sourire,
Même en l’immaculée blancheur,
De ton suaire de martyr…

Source qui jamais ne tarit
Ton âme pure nous protège,
Elle accompagne le cortège
Des hommes morts pour la patrie…

Tu as dans l’élan de fierté
Sacrifié ta vie trop brève,
Afin que le combat s’achève
Sur l’autel de la LIBERTE !

Repose en paix au firmament,
Béni sois-tu dans mes prières…
Il n’y a que les sanguinaires
Pour brûler le cœur des mamans…. »

 

Hama

Il est une petite ville dormant dans la vallée
Aux portes du désert sous des cieux constellés…
Où les bras des norias charrient l’eau de l’Oronte
Et crient LIBERTE sans pudeur et sans honte !
Les chantres exhortent des hommes la générosité
La rudesse, la bravoure et la témérité…
On dirait que le Temps s’est arrêté au seuil
De cette ville fière, tenace comme un écueil…

Ses rues sont cicatrices et ses quartiers balafres
Sous la mitraille un jour sont tombés dans les affres
D’une rare barbarie….depuis ses piliers tremblent
Afin qu’à tout jamais elle serve d’exemple
A mater les révoltes dans la haine et le sang !
Pour une poignée de frondeurs combien d’innocents
Ont payé de leur vie aux pouvoirs arbitraires…
« et si ce n’est pas toi, c’est sûrement ton frère »
Les tyrans de ces terres ainsi se justifient
Pour donner libre cours aux lames de leurs faucilles…
-l’on dit que ses enfants jurent devant l’Eternel
De téter la vengeance dans le lait maternel…-

Mais tant que les norias gémiront des complaintes
Leurs litanies auront les accents de ma voix…
Et tant que s’empliront de fiel les coloquintes
Cette chanson d’amour, je la dirai pour toi….

 

Aux trompettes du régime

Aux trompettes du régime
Ces paroles sont vouées
Quelques phrases, quelques rimes
Pour mieux les désavouer
Ceux qui aboient qui s’escriment
A proférer des mensonges
Pour mieux justifier les crimes
Sans que la honte ne les ronge !
Tous ces zélés, tous ces sbires
En cynisme se répandent
Ils méritent à vrai dire
Que par leurs langues on les pende !
Des flagorneries infâmes
Vitupèrent à foison
Ils invectivent, proclament
Leur haine, leur déraison
Mais gardez donc vos œillères
Comme les bovins et les mules !
Gardez donc vos muselières
Couvrez-vous de ridicule !
Je vomis vos diatribes
Votre servile allégeance
Et condamne de bribe en bribe
Votre abjecte complaisance
Je vomis l’opportunisme
Qui vous aveugle le cœur
Je dénigre votre égoïsme
Trompettes, fieffés menteurs !
Et ne venez pas me dire
Qu’ils sont contraints et forcés
De falsifier leurs dires
Leurs calomnies annoncées :
Car la dignité des hommes
Passe aussi par le silence
Si l’on ne peut pas en somme
Clamer tout haut ce qu’on pense
Aux trompettes du régime
Ces paroles sont vouées
Quelques phrases, quelques rimes
Mon mépris est avoué

 

Fillette sauvageonne

Fillette sauvageonne tu cours cheveux au vent,
Avec des dents de lait, avec des yeux de braises,
Ton sourire est celui qu’arborent les enfants,
Que seule l’immensité de l’horizon apaise !

Fillette tu fredonnes des refrains, des comptines,
Ta voix au timbre clair d’un ruisseau qui jaillit :
« Je suis une oiselle vivant près des collines,
Le plus beau lieu du monde ? la terre de mon pays ! »

Fillette de tes mains s’envolent les colombes,
Et suivent ton sillage mille et un papillons !
A ton charme puissant nos cœurs battants succombent,
A marcher sur tes pas nous sommes des millions…

Fillette sauvageonne, toi l’enfant de lumière !
Délivre la Syrie qui se meurt de t’attendre…
Ne puisses-tu de grâce exaucer ma prière :
Que mon pays glorieux renaisse de ses cendres…

 

Vision

Dans un carré de ciel
Epris de soubresauts
Et de battements d’ailes
Une nuée d’oiseaux
Virevoltaient suivant
Leur hardi chef de file
Comme enivrés de vent
Et de valses graciles,
J’ai cru apercevoir
Des lettres le contour :
Dans le ciel écritoire
Dessinant tour à tour
Consonnes et voyelles
Un mot, une étincelle !
A l’heure du crépuscule
Au flanc de l’horizon
Aux regards incrédules
Ils écrivaient ton nom :

LIBERTE !

 

Les monstres

Ils n’auront épargné ni les fleurs de l’enfance
Ni les nuits de ferveur, ni les mois de piété …
Ni la douleur des hommes, des femmes sans défenses,
Les monstres dépourvus de toute humanité….

Les hordes de barbares répugnant d’insolence
Sans foi ni loi sévissent en toute impunité,
Ils ont pour seul langage celui de la violence
Passe droit préservant leur vile immunité…

D’où viennent ces fantômes de la mort, ces vampires,
Que le diable lui-même ne saurait parrainer ! ?
Toute cette haine qui les tient sous son empire
Dans quelle nauséabonde matrice est-elle née ?

Comment trouver les mots pour décrire ton supplice
Patrie mutilée de plaies inaltérables ?
La voie vers la lumière pavée de sacrifices
Est un chemin de croix qui semble interminable …

 

Je sais qu’un jour viendra

Je sais qu’un jour viendra où l’aube éblouissante
Au ciel resplendira !
Malgré l’éternité que durât notre attente :
Je sais qu’un jour viendra !

Et tous, main dans la main bâtirons la patrie
Fleurira le jasmin !
Dans les rues de Damas, de toute la Syrie,
Oui tous main dans la main !

Dans la liesse et la joie chanterons la victoire,
D’une seule et même voix !
Et nous réécrirons les pages de l’Histoire,
Dans la liesse et la joie !

Je sais qu’un jour viendra fait de larmes, de rires,
La paix triomphera !
Et nous irons fleurir les tombes des martyrs,
Je sais qu’un jour viendra !

 

Damas

J’ai oublié les jours, j’ai oublié les heures
Et les années perdues, et le temps du bonheur
J’ai oublié septembre, ses sonates d’automne
Au devant de l’hiver, de ses pluies monotones…
Le rire tonitruant des chutes, des torrents
Les vallons ombragés aux parfums odorants…

Damas ! O la plus belle des cités antiques !
Que ne suis-je jasmin ployant sous tes portiques
Qui dans le soir exhale son vaporeux parfum
Agonise, se fane aux lueurs du matin….

Au flanc de ta montagne, un tapis de lumière
Se déroule : magie d’un orient séculaire…
Tes vergers qui vont ceindre la furtive splendeur
D’amandiers verdoyants, de cerisiers en fleurs…
Asséchés et taris les bras de ta rivière
Exsangue, désolée du flux de ses artères…
Le ventre de tes souks fourmille d’opulence
Broderies, soieries et grisantes fragrances…
Flanqué de minarets, de coupoles d’églises
Ton chemin millénaire dans la honte s’enlise…

Damas ! O femme fière toute pétrie d’orgueil
Chasse les fossoyeurs qui sculptent ton cercueil !
Qu’ont-ils fait de ton cœur, éclat de vif argent ?
De l’âme bienheureuse et douce de tes gens ?
De tes nuits éternelles, sereines infiniment ?
De ta lune d’opale brillant au firmament ?

Si mes mots acérés fusent comme fer de lance,
S’évadent comme un fleuve brise son glacier, s’élance :
Mon cœur comme le tien, crucifié s’afflige
D’exil en nostalgie, il est pris de vertige
Rêve de liberté tel un oiseau en cage
Déploie ses blanches ailes et se heurte au grillage…
Et si tes paumes suintent de stigmates immondes :
Tu es grain de beauté sur la face du monde !

Damas ! O la plus belle des mères ou des amantes !
Reflet luminescent de jaspe et d’amarante !
Demeure ! Demeure encore mon rêve inaccessible !
Ultime aspiration des quêtes impossibles !
Et si ma destinée fleurit sous d’autres cieux,
J’ai oublié ma vie, tout au fond de tes yeux…

 

Hamza

Sur le pas de la porte, il se tenait tout droit.
Le visage poupin de rondeurs enfantines
Un regard à faire fondre la Vierge Célestine
En larmes… de tendresse, de pitié ou d’effroi…

Dans les champs de Horane poussent les mimosas…
Il n’avait que treize ans…et s’appelait Hamza…

Puis il s’est élancé, parmi les barricades
Aux hommes en colère porter des victuailles
Elle était inégale, injuste la bataille,
L’armée les pilonnait à coups de canonnades

Dans les rues de Deraa, par les champs de colza
Débordant de bravoure, se faufilait Hamza…

Était-il de ceux-là, parmi ses camarades
Qui firent ce qu’en quarante années nul n’osât ?
« C’est à ton tour, Docteur ! » Et la PEUR se brisa
Contre ce mur de pierre pour presque une charade… !

Et de cette étincelle, un volcan s’embrasa !
Aux confins du pays, là où vivait Hamza…

Mais la pieuvre exécrable prît dans ses tentacules
L’enfant, son innocence, les fleurs de l’avenir…
Et pour l’Humanité, son vivant souvenir
Demeurera gravé en lettres majuscules

Et soudain le soleil de ton sang s’irisa !
De tes larmes, tes cris, ta souffrance Hamza…

Comment peut-on décrire ce crime abominable ?
J’ai épuisé les mots des livres de grammaire….
Comment imaginer sa pauvre, pauvre mère
Découvrir son cadavre rendu méconnaissable ?

Mon ange, mon bel ange on te martyrisa !
Paix à la pureté de ton âme Hamza…

MAIS OU ÊTES-VOUS DONC, LES JUSTES DE LA TERRE ?
LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME, DE L’ENFANCE ?
SOUS VOS YEUX MEURT UN PEUPLE DANS INDIFFÉRENCE !
JUSQU’À QUAND ALLEZ-VOUS REGARDER ET VOUS TAIRE ?

Et comme un oiseau libre lance à travers les airs
Des notes cristallines vibrant de sa luette
Il me semble entendre ta voix encore fluette
Répéter un refrain, bien sûr imaginaire… :

Je suis tombé par terre
C’est la faute à Maher
Je crache sur les chars
Tu tomberas Bachar…

 

Tombez mes larmes

Tombez mes larmes en torrents !
Tombez mes larmes en déluge !
Pour les martyrs petits et grands,
Par l’Evangile et le Coran,
Pour ceux qui cherchent un refuge

Contre la folie des tyrans
Contre l’assassin et le juge
Tombez mes larmes en torrents !
Sur la dépouille des mourants
Tombez mes larmes en déluge !

Devant le Monde indifférent
Ou en quête de subterfuges
Tombez mes larmes en torrents !
Le vent souffle à contre-courant
Tombez mes larmes en déluge !

Mais un tourbillon fulgurant
Surviendra sans qu’on en préjuge
Tombez mes larmes en torrents !
De joie, d’orgueil intempérant
tombez mes larmes en déluge !

 

Armée d’assassins

Sur leurs blindés, sur leurs chars
Des soldats, des fantassins,
A la solde de Bachar
Forment une armée d’assassins…

Les gardiens de la patrie?
Meurtriers qui se défoulent !
Contre des chants et des cris
Tirent aveugles sur la foule !

D’une obédience grotesque
D’une ignoble barbarie
La brutale soldatesque
Egorge la douce Syrie

Renforcée par la milice
Gangrène assoiffée de sang
Deux tortionnaires complices
Déciment les innocents…

Tuer devient une lubie
Un jeu macabre de brutes
Les humiliations subies
Les offenses, les insultes,

Tant de crimes innommables
Nous glacent par leurs horreurs
Tant d’images insoutenables
Ont anéanti la Peur

De ce peuple invincible
Admirable de courage
Sa force indéfectible
Balayera vos outrages !

Honte à vous pauvre vermine
Piètres soldats, fantassins
Puisque l’Histoire élimine
Toutes les armées d’assassins !

 

Charade

Une charade sans scrupules
Comme en guise d’épitaphe
Pour un monstre, une crapule,
Apparenté aux girafes …

Il était un militaire
Qui n’allait pas au combat,
Et pratiquait l’arbitraire,
Le mensonge, les coups bas,

Il était un escogriffe
Avec une voix de geignard
Aiguisant ses longues griffes
De rapace, de charognard,

Un grand dadais tout sourires
-de la foule la risée-
Cachant ses crocs de vampire
Sous des airs civilisés,

Un président de fortune,
Faisant à la Loi outrage
Puisqu’il avait reçu une
République en héritage !

(A son despote de père
Au Châtiment condamné
Des millions font UNE prière :
« Que son âme soit damnée ! »)

Summum de l’absurdité :
Pour des réformes il s’engage !
Et frappé de surdité
Quand le peuple crie : DEGAGE !

Et toutes les marionnettes
D’une Assemblée de fantoches
Applaudissent, même quand il pète !
(lui qui mérite des taloches !)

Le combe du ridicule
Pour un « ophtalmo-docteur » :
Porter des œillères de mule,
Etre un aveugle du cœur !!

 

Mais vivre ! 

(dédié à tous les détenus dans les geôles syriennes)

Derrière la grisaille, la brume des faubourgs
Annihiler l’espace et les longues distances
Et creuser un caveau à toutes mes souffrances
Mais vivre avec l’espoir de vous revoir un jour !

Si pesant cet exil m’emmure, m’emprisonne
Courant à l’infini comme tristes couloirs,
Dédale et labyrinthe d’un sombre mouroir
Tintez les carillons ! J’entends le glas qui sonne !

Des oiseaux migrateurs suivre l’itinéraire
Vers des soleils couchants à l’autre bout du monde !
Comme les arbres frémissent à l’orage qui gronde,
Mes foulées ne seront jamais plus téméraires…

Retrouver le silence sans martèlements sourds
L’amnésie apaisante des humeurs chagrines
Et clore mes paupières sur des senteurs marines
N’écouter que mon cœur battre comme un tambour !

Puiser en vos sourires les plus belles saisons
Le printemps affolant de beautés et de grâces !
Comment faire barrière à tout ce temps qui passe ?
Sans risquer d’en mourir, d’en perdre la raison ?

Et si pour vous revoir il faut pleurer toujours :
Que mes yeux alanguis se transforment en fontaines
Pour arroser les champs de lys, de marjolaine
Mais vivre avec l’espoir de vous revoir un jour !

 

Flocons de neige

Mille et mille flocons de neige !
O baisers du ciel à la terre !
Purs, immaculés… O que n’ai-je
Ailes pour planer dans les airs,
Vers toi mon pays millénaire ?
Mon cœur est comme un perce-neige…

Pourquoi les êtres débonnaires
A l’espérance suspendus,
De matines en lucernaires
Ont beau réciter des prières,
Jamais ne seront entendus ?
Quand donc finira leur calvaire ?

Ils suivent les chemins arides
Vers la Liberté qui les guide
Laissant ondoyer leur bannière
Au vent… et comme une chrysalide
Est de son cocon prisonnière
Va rompre ses chaînes, se libère :

Syrie ! Brise le sortilège !
Déploie tes ailes de lumière
Pour éclairer la terre entière !
Ensevelir les sacrilèges
Sous mille et mille flocons de neige
Les baisers du ciel à la terre !

 

A l’ombre des matins perdus

Les moineaux volent aux quatre vents
S’enlisent les amours éperdues
Au profond des sables mouvants
A l’ombre des matins perdus…

Au seuil des jardins défendus
D’un lointain pays du Levant
Une plainte, un trille inattendus :
Chante à la brune l’engoulevent
Au seuil des jardins défendus

Les hommes marchent droit devant
Tout le long des sentiers ardus
Leurs pas les ramènent souvent
A l’ombre des matins perdus
Les hommes marchent droit devant !

 

Publication sur le Comité de soutien à DSK.

Actu poème : en écho aux évènements de Syrie

Voici quelques semaines, un soir, aux informations sur la Syrie, une image déchirante : dans un cimetière, un vieux syrien en larmes hurle son désespoir, sans masque, face à la caméra « Aidez-nous, aidez-nous, pour la liberté… »

Depuis, dans le silence épais recouvert par les raisons stratégiques et mercantiles des puissances que l’on dit libres, les tortionnaires Syriens tirent au canon sur la population civile, arrachent les ongles de gosses de douze ans coupables d’avoir inscrit sur les murs des slogans anti gouvernementaux, ou font disparaître pour toujours les opposants aux régimes.

Chacun d’entre nous ne pèse individuellement que son poids de néant et nous ne pouvons rien faire pour modifier en quoi que ce soit l’ordre du monde. Il nous reste cependant la voix des poètes, et comme le vieux syrien, nous pouvons encore crier avec lui notre indignation devant l’injustice;

 

De Vénus Khoury-Ghata, dont le Liban, son pays d’origine, a lui aussi connu les horreurs de la guerre, ce beau poème :

C’était une saison inscrite sur le front de la terre les oiseaux s’arrêtaient en plein vol

Seules les maisons marchaient

Des cercueils amarraient à nos portes

Et des morts frileux séchaient sur nos toits leurs doigts

Frileux

Seules nos maisons marchaient

les hommes étreignaient des poupées

Les femmes dilataient leur corps jusqu’aux quais

Les enfants en papier s’épinglaient sur les murs des écoles

Seules nos maisons marchaient

Parce qu’ils ont hésité entre la rose et l’ombre

Parce qu’ils ont chargé leurs fusils de pluie

Ils sont morts d’oubli ne meurent que les crédules

Qui abritent sous leur toit un nuage étranger

Qui écrivent leurs visage sur la buée des villes

Qui étreignent un canon de peur d’être seuls

Ne meurent que les naïfs

Qui saignent avec le coquelicot

Ils meurent le soir

Quand les aiguilles s’alignent

Qu’elles deviennent couteau dans la bouche des cadrans

Lorsqu’ils décident de mourir

Que la terre à leurs yeux se décolore

Ils prennent par la main leur vie

Leur font visiter tous les recoins de leur corps

Lorsqu’ils décident de mourir ils délaissent leur peau au premier tournant du chemin

Ici il y avait un pays

Le feu se retira des mains des femmes

Le pain déserta les sillons et le froid dévora tous les enfants qui portaient une jonquille

Sur l’épaule

Un Poètes contre la guerre

(lu, blog de La pierre et le sel – Contribution de Jean Gédéon)

 

La paix virtuelle

L’armée tire des balles

Et les jeunes courent pour tomber par terre

Et leurs ailes Palpitent vers le ciel Sans que soit coupé Leur long cri de liberté

(Nada Menzalji)

 

Retrouvez aussi cet article sur mon blog au Nouvel Obs.

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Publié dans Actualité, Politique
15 comments on “Révolution en Syrie : la chaine d’espoir publie les poèmes de désespoir et d’espoir des Syriens et des Syriennes
  1. BaRT dit :

    [Modération] n’est en rien diffamatoire… assumez !

    • casimira31 dit :

      Je n’ai rien à assumer devant vous, vous vous prenez pour qui ? Je n’ai pas de compte à rendre à personne et surtout pas à un raciste de votre acabit !

      • BaRT dit :

        Vivez-vous seulement en Syrie pour déclarer que « le régime de Bachar al-Assad avec une cruauté sans nom réprime dans le sang en tuant, torturant et massacrant des femmes, des hommes et même des enfants » ?
        Votre souci humaniste n’a d’égal que votre naïveté.

      • BaRT dit :

        Je ne suis en rien raciste… lisez mieux

        • casimira31 dit :

          Oh mais je vous ai déjà lu… c’est pour cela que je me permets de vous traiter de raciste, car vous êtes raciste, doublé en un illuminé croyant bêtement à la théorie du complot du nouvel ordre mondial… Ne vous inquiétez pas j’ai parcouru votre blog et j’en suis ressortie avec des nausées !

          • Adama dit :

            Eh bien, preuve est faite que vous ne savez pas lire

            • casimira31 dit :

              Vous êtes très mal placé pour venir juger si je sais lire ou pas, car du moment que vous venez commenter sur la même adresse IP de votre copain « Bart », petit malin, va !

              Ou peut-être que vous êtes tout simplement Bart ?

              Ou peut-être que dans votre esprit malade et atteint, vous souffrez d’un dédoublement de la personnalité ?

              Là c’est moi qui me marre ! Loooooooooooooooooooooollllllllllllllllllllll ! 😉

              • BaRT dit :

                quelle perspicacité ! chapeau bas ! quant à être mal placé… disons que ceux qui exposent leurs points de vue s’exposent à ceux des autres… le jugement qui vous vise répond à celui que vous émettez sur le régime d’Al Assad… aucun argument, juste le discours officiel répété sans jugeote…

                • casimira31 dit :

                  C’est qui me parle, là ? Bart ou Adama ?

                  Vous êtes frère siamois ? Avec une tête ou deux ?

                  Etes-vous suivi par un psy pour votre dédoublement de la personnalité ? Si, vous souffrez bien entendu de cette maladie…

                  Vous avez remarquer que je supprime systématiquement le lien URL de votre blog que vous glissez dans votre commentaire ?

                  • BaRT dit :

                    je ne savais pas que le lien était automatique… je m’en fous… je suis adama un jour, BaRT un autre, et tant d’autres encore… pas besoin de psy… mes avatars pensent à l’identique ! je reste sur ma position quant à la votre sur Al Assad, comme je reste convaincu que Kadhafi ou Hussein n’ont pas été destitués et tués comme des chiens parce qu’ils étaient des tyrans, mais bien parce que les intérêts de l’Occident, donc de [Modération], en ont commandés [Modération]… Pleurez tant que vous voulez les véritables victimes de ce conflit larvé en Syrie mais n’accusez pas Al Assad qui, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas davantage un tyran que [Modération]… tous prenant [Modération] de Tel Aviv !

                    • casimira31 dit :

                      Et bien nous y voilà !

                      Après vous pensez ce que vous voulez de la situation en Syrie et moi je n’ai certainement pas les mêmes pensées et ni la même analyse que les vôtres… Assad tue son peuple, cela est un fait qui est vérifiable, de plus il est un dictateur ne voulant pas perdre son pouvoir, après il a été trop soutenu par l’Occident, cela est un fait, mais n’empêche que c’est un criminel !

  2. BaRT dit :

    Quelle révolution ? L’impérialisme occidental a décidé de réduire quelques opposants à son expansion sans fin… Kadhafi, puis Bachar, en passant par la Tunisie et l’Egypte… avant de s’attaquer à Chavez… Pour quoi ? Pour rien… du sang et de la rouille… et par dessus, comme toujours, du mensonge… Si ça c’est une révolution, alors je m’y refuse ! Hypocrisie de blancs [Modération] !

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