L’évolution de la Terre, des espèces et de l’homme : la fin de l’ère du Permien et le début du Trias


Thrinaxodon_Lionhinus

« William Shakespeare a dit : la nature malade se déchaîne souvent en d’étranges éruptions. »

 

Cet article sur l’évolution de la Terre, des espèces et de l’homme s’appuie sur le troisième épisode du documentaire, Animal Armageddon : la terre embrasée. Que vous pouvez visionner ici : partie 1partie 2 – et partie 3.

Si l’extinction des espèces est un sujet controversé chez les scientifiques… en revanche, les fossiles retrouvés et l’analyse géologique des couches externes de la Terre, de par les continents prouvent bien qu’il y a eu plusieurs extinctions massives d’espèce vivant sur Terre. Cette confirmation vient du progrès de la recherche scientifique, en elle-même.

C’est sans compter que la recherche scientifique n’est point figée dans le temps, mais au contraire, elle évolue sans cesse, autant dire que la recherche des espèces ayant vécu sur cette Terre n’est pas encore terminée, les techniques d’analyse évoluent aussi et donc, il est fort à parier que des nouvelles découvertes sont à venir et pourraient ainsi ébranler les certitudes… car rien n’est définitif et tout est à prouver.

En définitive, depuis la naissance de la planète Terre, la recherche scientifique a montré depuis que plusieurs catastrophes naturelles ont entraîné la disparition de nombreuses espèces.

Et pourtant, à chaque fois que la disparition de ces espèces semblait inévitable, certaines ont fait preuve d’une résistance inattendue en évoluant, et d’autant plus que la nature même de leur habitat s’en trouvait modifier, alors que d’autres n’ont pas su, ou bien, n’ont pas eu cette capacité d’évolution et ont été condamnés à disparaitre.

Très longtemps après l’extinction massive de l’ère de la fin de l’Ordovicien et du début du Silurien et puis celle du Dévonien supérieur, mais bien avant aussi l’apparition des dinosaures et puis celle des hommes, il y a plus de 250 millions d’années avant notre ère, une autre extinction massive a décimé 70 à 90 % des espèces peuplant la planète Terre.

250px-Pangaea_continents.svgSelon les scientifiques, vers la fin de l’ère Paléozoïque, durant la fin de la période du Permien (Loping’ien) et, au début de l’ère du Mésozoïque, vers la période du Trias (Inférieur) (voir l’échelle des temps géologiques), un seul supercontinent appelé la Pangée formait la Terre et des océans tout autour l’entouraient.

Ce supercontinent réunissait tous les continents : l’Asie, l’Europe, l’Afrique… il existait déjà depuis la période du Carbonifère et 150 millions d’années plus tard, au début du Jurassique, il se divisa en plusieurs continents.

La Pangée à cette période du Permien avait un climat tropical, sur laquelle poussaient des forêts de conifère, d’où serpenter des rivières et des étranges créatures peuplaient ce supercontinent.

Les thérapsides, appelés aussi des reptiles mammaliens : le Lystrosaure – le Gorgonopsien – le Thrinaxodon (dont son fossile illustre l’article) – le Proterosuchus – le Diictogon, peuplaient les terres de la Pangée.

Les reptiles mammaliens sont un groupe d’animaux vertébrés, ce ne sont pas des mammifères, parce que leurs structures osseuses étaient différentes, les scientifiques ne sont pas sûrs, mais ils pensent aussi qu’ils étaient des vivipares. Cependant, ils représentaient une lignée presque méconnue encore et ils ont totalement disparu du règne animal.

Vers la fin de la période du Permien, la Terre était paisible et prospère, les scientifiques indiquent aussi que le monde était identique au nord comme au sud, on devait rencontrer donc les mêmes créatures partout et l’océan qui englobe le reste de la planète était grouillant de vie.

Et pourtant, ce paradis va devenir hostile pour ses habitants, si hostile que 70 à 90 % des animaux aquatiques et terrestres vont disparaître. A une centaine de kilomètres de la croute terrestre, dans l’actuel Sibérie, un volcan, d’où son magma s’est accumulé depuis des millions d’années, est sur le point d’entrer en éruption.

lystrosaureDans les plaines de l’actuelle Amérique du nord, des troupeaux de Lystrosaure faisant la taille d’un cochon, pourvu d’un bec corné et d’une paire de crocs aiguisés leur permettant d’élaguer les végétaux, et pourvu aussi de longues griffes qui leur permettent ainsi de déterrer les racines et les tubercules.

Son plus grand prédateur est le Gorgonopsien et selon les scientifiques, le Gorgonopsien était le plus grand prédateur de leur écosystème, par ailleurs, ils ont retrouvé des crânes mesurant 80 cm, 2 fois plus grand qu’un crâne d’un lion actuel.

crbst_gorconops_r..._test04b-16ace18Le Gorgonopsien est un solitaire pesant le poids d’un grizzli, il possède une paire de canines d’une douzaine de centimètres de long. Elles sont les premières dents de sabre de l’histoire. Les nombreux Lystrosaures constituent la base de son alimentation, comme l’est le gnou pour le lion d’Afrique. Et grâce à ses canines, cela fait du Gorgonopsien un chasseur redoutable. En revanche, il avait un inconvénient, sa mâchoire n’était pas puissante, car peu musclée et ni flexible, comme peuvent être dotée par exemple les mâchoires du lion, du loup ou du tigre. Le Gorgonopsien, lui ne pouvait qu’ouvrir et fermer sa mâchoire et donc, il ne pouvait qu’arracher un morceau de chair à la fois. Tant qu’il trouvait de la nourriture à l’abondance, cela n’était pas un handicap pour lui.

thrinaxodon fossileLe Thrinaxodon est un carnivore de la taille d’un chat qui se nourrit d’animaux morts et d’insectes, c’est un charognard. Pourtant, sa survie sera cruciale pour notre avenir, nous les hommes.

D’après les scientifiques, le Thrinaxodon a donné naissance à toutes les espèces importantes, dont les mammifères actuels, s’il n’aurait pas survécu à cette extinction massive, nous ne serrons pas là certainement, il y aurait peut-être autre chose et sans doute pas nous, les hommes.

5H00 avant l’éruption

En Sibérie actuel, la pression volcanique est à son comble, un gaz sulfureux et nauséabond s’échappe du sol, un mélange d’éléments chimiques que les animaux n’ont certainement jamais sentis auparavant.

00H00 avant l’éruption

Soudain des secousses violentes ébranlent la terre, l’un des pires épisodes de l’histoire du monde vient de commencer.

De la roche basaltique en fusion enfuit à une centaine de kilomètres de profondeur, jaillit de la terre, le sol se fissure sur une trentaine de kilomètres, ouvrant la terre en deux.

Les premiers animaux se trouvant à proximité, périssent rapidement incinérer, comme une feuille de papier. Ceux qui s’échappent meurent par la propagation d’un feu liquide et la coulée de lave se répand si vite, qu’elle recouvrirait un cinquième du territoire français en seulement 48 h.

Le torrent de feu se propage, de nombreux animaux ont péri en Sibérie, mais la catastrophe n’a pas encore pris toute son ampleur.

+ 1 an après l’éruption

La Terre continue à brûler et à cracher de la lave.

Les scientifiques ont surnommé cet épisode, l’éruption des trapps de Sibérie, il est le plus grand évènement volcanique constaté depuis les 500 derniers millions d’années et ayant provoqué une extinction de masse.

Par exemple, la plupart des volcans explosent et puis s’arrêtent, entrecoupés de longues périodes d’inactivité. Pour les épanchements basaltiques de Sibérie, ils ne répondaient à aucune règle, ils ne tarissaient pas, cela pouvait durer 100 ans, mille ans, 10 mille ans… d’ordinaire, une éruption volcanique est provoquée par une unique poche de magma, mais celles des trapps de Sibérie étaient constamment alimentées par un océan de roche liquide et personne, d’ailleurs, n’a jamais assisté à un véritable épanchement basaltique, on ne peut que s’imaginer à quoi pouvait ressembler cette lave, qui s’était accumulée depuis des millions d’années en jaillissant des sols.

Aujourd’hui, grâce à la séparation des continents, ce type d’éruption ne produirait que certainement une catastrophe localisée, mais à l’époque du Permien, la Terre était formée d’un continent unique, la réaction en chaîne était incontrôlable.

Alors, on ne peut que s’imaginer pour les animaux rescapés, qu’ils ont dû fuir la Sibérie. Et au fur et à mesure que les mois, les années passaient, les animaux qui peuplaient la Pangée ne pouvaient s’échapper, pour certains, hors des terres, car l’éruption gagnait lentement la planète et créait un dangereux déséquilibre climatique.

+ 10 ans après l’éruption

La lave continue de couler déclenchant une nouvelle catastrophe, telle que l’accumulation des gaz volcaniques dans l’atmosphère, provoquant des bouleversements climatiques mortels. En effet, plusieurs gigas de tonne de dioxyde de carbone (CO2) et de soufre (SO2) s’échappent de la croute terrestre. Le dioxyde de soufre obstrue la lumière du soleil, tandis que le dioxyde de carbone emprisonne la chaleur.

L’augmentation de ces deux gaz aura pour conséquence sur le climat de le rendre instable et violent, et sur plusieurs décennies.

Or, le climat initial avait été déjà chamboulé par l’éruption volcanique, à présent la planète et ses habitants subissent un refroidissement climatique global causait par le dioxyde de soufre, puis suivit probablement d’une phase de réchauffement avec l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère et rendant ainsi la vie des animaux très difficile. Selon les scientifiques, le climat a connu des évènements de réchauffement et de refroidissement successifs.

Ils ont constaté que même en Afrique du sud actuel, à 25 mille kilomètres des strapps de Sibérie, le danger devait être palpable, le brusque changement du climat a dû engendrer une nouvelle difficulté pour les survivants, respirer.

La planète entière s’est certainement réchauffée, car le dioxyde de carbone ne se concentre jamais à un seul endroit, expliquent les scientifiques. En effet, le CO2 qui émanait de Sibérie a envahi l’atmosphère et a été rapidement répandu partout, donc à mesure que le pourcentage du CO2 augmentait en Sibérie, il augmentait aussi dans le monde entier. Non seulement, les températures globales montaient de quelques degrés critiques, mais en outre, le niveau d’oxygène chutait.

Sous l’effet de cet évènement, le système respiratoire primitif du Lystrosaure et du Gorgonopsien n’était pas conçu pour supporter le manque d’oxygène et ils partagent désormais le même combat, celui de survivre.

Quant au petit Thrinaxodon, lui persévère, alors qu’on le donné perdant, il semble favoriser par l’évolution de la catastrophe.

Grâce notamment à sa stature petite et mince, et plus particulièrement sa plaque osseuse qui sépare le museau de sa gueule, caractéristique purement mammalienne, lui permet de respirer et de mastiquer en même temps. Face à la pollution de l’air, c’est une qualité fondamentale qui fait défaut aux autres reptiles mammaliens plus grands et plus fort. L’autre atout de cette petite espèce, est sa structure sociale, comme beaucoup de ses descendants actuels, le Thrinaxodon vit en communauté avec sa famille et ses autres congénères.

D’après les scientifiques, cet animal vivait dans une tanière où il cachait probablement ses petits. Il vivait peut-être même en groupe, un peu comme les mangoustes, selon le principe d’une communauté solidaire, c’est un comportement représentatif et spécifique des mammifères, expliquent les scientifiques.

proterosuchusDe plus, une autre espèce fait preuve aussi d’une exceptionnelle résistance, un nouveau prédateur a l’air de s’épanouir dans cet environnement en plein réchauffement, le Proterosuchus.

Selon les scientifiques, à la fin du Permien et au début du Trias, les créatures les plus féroces, étaient les Archosaures et parmi eux, les prédateurs de la plus pire espèce étaient le Proterosuchus.

En fait, le Proterosuchus n’est pas un dinosaure, mais son espèce finira par leur donner naissance. Il ressemble beaucoup à un crocodile, sauf que ses pattes n’étaient pas sur le côté,  mais portaient son corps. Il avait un long cou et un crâne que l’on peut qualifier de crocodilien, mais un peu plus compressé. C’était donc un féroce prédateur, probablement aquatique, il devait vivre dans l’eau, il attrapait des poissons et des petits animaux sur les berges des rivières. Il était très opportuniste. Son organisme à sang froid lui permet aussi d’exploiter l’énergie solaire afin de réguler la température de son corps, plus il fait chaud, plus le Proterosuchus se sent bien.

Pourtant, on aimerait se dire qu’avoir le sang chaud est un avantage, l’homme à le sang chaud, mais pas le crocodile. Les scientifiques expliquent que la planète était beaucoup plus chaude qu’aujourd’hui, alors dans ce cas, valait mieux pour l’animal avoir le sang froid, un crocodile par exemple, mange 10 fois moins que l’homme, avoir le sang chaud coûte beaucoup à l’homme, c’est pourquoi le Proterosuchus et les autres Archosaures avaient un formidable atout, ils n’avaient pas besoin de beaucoup de nourriture.

+ 25 ans après l’éruption

25 ans ont passé depuis l’éruption des strapps de Sibérie, la roche basaltique continue de jaillir et au contact de l’air, elle forme une montagne d’une couleur noire profonde où rien ne pousse.

Les animaux qui vivaient dans ces régions ont été chassés, les Diictogon, par exemple, devaient errer sans but en quête certainement d’une terre d’asile. La moitié des Gorgonopsien d’Asie du nord a été décimée probablement par la faim et la maladie. Et la planète n’a pas un instant de répit, car un nouveau cataclysme se prépare dans l’atmosphère.

En effet, en se mêlant à la vapeur d’eau, le dioxyde de soufre volcanique crée de l’acide sulfurique (H2O + SO2 =  H2SO4), appelé jadis aussi, vitriol. Donc, des pluies acides s’abattent à présent sur la planète. Pour les scientifiques, c’était comme habité à côté de la pire centrale à charbon du monde, ça devait être un enfer de vivre dans un endroit pareil.

L’acide sulfurique décime des forêts entières, les arbres sont devenus noirs et ont perdu leurs feuilles. Et lorsqu’un tel phénomène perdure, comme cela a dû être le cas en Sibérie, il extermine toute trace de végétation.

Alors, jour après jour, des averses de liquide caustique arrosent les quatre coins du globe et rongent la végétation dans son ensemble. Pour ceux qui n’ont nulle part où se cacher, le quotidien devait se transformer en cauchemar et pour notre ancêtre, le Thrinaxodon, il a un avantage de taille, sa petite taille lui permet de se mettre à l’abri.

+ 50 ans après l’éruption

Les éruptions volcaniques se poursuivent en Sibérie, mais la lave fait remonter une nouvelle menace à la surface.

Un véritable coup de sort se prépare, car à l’époque les trapps de Sibérie étaient situées sur des vastes réserves de charbon, une substance noire, nocive et volatile y était enfermée, le méthane.

Le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le dioxyde de carbone, ainsi libérer dans une atmosphère déjà très polluée, il accélère le réchauffement climatique de façon exponentiel. Alors que la proportion de gaz à effet de serre est d’ordinaire régulée par la végétation, or la végétation a été décimée et qui fait augmenter rapidement le niveau de méthane et de CO2.

Pour les scientifiques, c’est un schéma classique de gaz à effet de serre, lorsque l’atmosphère se réchauffe de façon permanente et répétée, la chaleur empêche les plantes d’absorber l’excès de dioxyde de carbone et de réguler l’atmosphère.

C’est pourquoi dans l’actuel désert de l’Arizona aux USA, à l’époque du Permien, elle était une zone tropicale et inondable, elle a été prise au piège par des conditions climatiques oppressantes. Les conifères, par exemple, ancêtres des persistants d’aujourd’hui, s’éteignent par millions, la flore se fane sous la chaleur accablante et la base de la chaîne alimentaire est ainsi menacée, installant la famine.

diictodon-4D’après les scientifiques, les plus durement touchés sont les grands herbivores comme le Diictodon. En effet, son abdomen protubérant cache un système digestif complexe, il était adapté aux fibres lorsqu’il se nourrissait, les herbivores mangent beaucoup, mais surtout des plantes à faible pouvoir nutritif, donc il devait brouter probablement toute la journée, expliquent les scientifiques.

L’alimentation du Diictodon s’amenuisait de jour en jour et les nouvelles générations ne s’adaptaient pas assez vite pour résister à la famine, l’espèce se réduisait et avec elle, ceux qui s’en nourrissaient.

C’est le principe de la chaîne alimentaire expliquent les scientifiques, l’extinction des plantes a été dramatique pour tous les animaux, y compris les herbivores, car si les plantes meurent, la majeure partie des herbivores s’éteignent et avec eux, la majeure partie des carnivores. Pour les Gorgonopsiens par exemple, ils devaient se battre désormais pour attraper une proie minuscule.

En outre, expliquent les scientifiques, il faut beaucoup d’herbivores dans un vaste territoire pour satisfaire l’appétit d’un carnivore, si on réduit l’alimentation des herbivores, ils sont de moins en moins nombreux et nourrissent de moins en moins les Gorgonopsiens. De plus, leur mâchoire reptilienne primitive ne leur posait aucun problème dès lors que la nourriture était abondante, mais leur incapacité à déchiqueter une carcasse leur coûte très cher, ils meurent ainsi de faim.

+ 200 ans après l’éruption

La catastrophe est sans précédent et les ravages inégalés.

Cependant le Proterosuchus tire profit de cet univers hostile, la chaleur est une bénédiction pour cet animal à sang froid.

Pour les scientifiques, l’histoire a démontré qu’il valait parfois mieux être un animal à sang froid qu’à sang chaud. Un monde où il fait chaud le jour et jamais froid la nuit, c’est le paradis pour les animaux à sang froid, ils ont ainsi besoin de moins d’énergie.

Quant à notre lointain ancêtre, le Thrinaxodon, est lui aussi destiné à survivre, car ce petit charognard se nourrit des restes qu’aucun animal ne veut.

Selon la recherche scientifique, il trouvait des insectes à profusion, des carcasses, des petits reptiles, des amphibiens, toutes sortes de nourriture, ce n’était pas du tout le cas des autres carnivores, en outre, le Thrinaxodon ne ressemblait en rien des mammifères d’aujourd’hui et pourtant, les scientifiques pensent que ce petit animal est l’ancêtre direct de tous les mammifères, donc des hommes.

Alors, comment peuvent-ils en être certains ?

La preuve se trouve dans les caractéristiques mammaliennes uniques qui ont été retrouvé dans les fossiles du Thrinaxodon. sa colonne vertébrale indique qu’il possédait un diaphragme et de minuscules orifices sur son museau, cela nous renseigne sur la présence de moustaches. S’il avait des moustaches, c’était donc un animal à fourrure, il devait donc avoir le sang chaud et de plus, il ressemblait beaucoup aux mammifères connus.

Sur ce point, des nouvelles recherches permettront de faire la lumière sur notre lointain ancêtre et sur son évolution, mais le Thrinaxodon se révèle être d’une incroyable résistance face à la catastrophe, là où d’autres n’ont pas pu résister, lui devait se battre au quotidien pour nourrir et défendre sa progéniture, poussait très probablement par son instinct de survie. Non seulement, les épreuves sont loin d’être terminées et l’extinction massive des espèces menace à présent l’océan permien, mais en outre, l’avenir de tous les mammifères, y compris celle des hommes, dépend de sa détermination à rester en vie.

La destruction du monde aquatique abritait 70 % de la vie sur Terre, elle a conduit la planète au bord du précipice.

+ 10 000 ans après l’éruption

10 000 ans se sont écoulés à présent depuis les éruptions des trapps de Sibérie. Cet évènement qui avait débuté dans une région d’Asie du nord a désormais gagné toute la planète, la vie sur Terre est au bord de l’extinction totale et définitive.

Les scientifiques expliquent que s’il fait chaud partout sur la planète, rien ne fait circuler l’air et les océans. A la fin du Permien, la planète était si chaude que les courants marins se sont stoppés nets. L’oxygène, par ailleurs, a commencé à se faire rare, car l’eau chaude retient moins bien l’oxygène que l’eau froide et une fois l’océan vidait de son oxygène, ses habitants meurent par asphyxie.

La recherche scientifique donne une excellente preuve de la stagnation des océans, elle se trouve dans la roche. Avant la catastrophe, ils distinguent de très nombreux récifs grouillant de vie, notamment des animaux qui s’enfouissaient dans le sable ont été trouvés. Après la catastrophe, la roche est devenue noire, c’est la preuve que l’oxygène dans l’océan permien s’est raréfiée et que la vie a stagné. Pas un groupe d’animaux et de plantes n’ont été épargnés, la majorité des espèces qui dominaient l’écosystème marin depuis des centaines de millions d’années, a disparu, indiquent aussi les scientifiques.

De plus, en se vidant de son oxygène, l’océan n’était plus le refuge de microbe inoffensif et neutre, mais il accueillait un tout autre genre de microbe, ceux-là produisaient un gaz extrêmement toxique, du sulfure d’hydrogène. Si son pourcentage augmente dans l’atmosphère, il anéantit toute forme de vie et c’est très probablement ce qui s’est passé.

Par ailleurs, le sulfure d’hydrogène agit telle comme une arme chimique, les vents diffusent le gaz empoisonné tout autour du globe et les animaux meurent par troupeau entier. Tous sauf un, le Proterosuchus semble immunisé contre les effets de ce gaz.

Des nouvelles expériences conduites par Matt Roth à l’institut de recherche contre le cancer de Seattle, USA, ont démontré qu’un reptile peut supporter un taux de sulfure d’hydrogène bien plus élevé qu’un mammifère. Le fait d’avoir le sang froid protège des effets nocifs de ce gaz.

C’est ainsi que le Proterosuchus détrône le roi des prédateurs, le Gorgonopsien, il y a quelque génération, il avait eu l’avantage du poids face au Proterosuchus, mais ce n’est plus le cas à présent. L’environnement nocif dans lequel il évoluait, l’a rendu vulnérable et son espèce a décliné à vue d’œil. La première place est désormais au Proterosuchus et il est en train de devenir un grand carnivore.

+ 20 000 ans après l’éruption

La mort des terres entraîne la mort des océans et la mort des océans entraîne la mort des terres.

Un cercle vicieux est en marche et la planète sombre peu à peu dans le néant.

Y a-t-il un avenir pour les survivants tels que le Proterosuchus ?

+ 150 000 ans après l’éruption

150 000 ans se sont à présent écoulés, la coulée de lave sibérienne atteint désormais 1 600 mètres de profondeur, de quoi engloutir 5 tours Eiffel, empilaient les unes sur les autres. Les forêts luxuriantes ont disparu, les rivières aussi, les troupeaux qui peuplaient jadis ces paysages fertiles ont également disparu.

Si les scientifiques auraient pu voir la planète depuis l’espace, ils n’auraient pas vu une trace de végétation, la Terre n’était plus qu’un gigantesque désert de rochers.

Autrefois, le Lystrosaure proliférait, aujourd’hui il ne reste qu’une poignée qui ont survécu, toujours en mouvement, dans une migration perpétuelle, mais qui constituait leur unique issue. Le Lystrosaure s’est adapté au fil des épreuves et seules les espèces les plus solides résistèrent. Il est à présent plus petit que ses ancêtres et peut survivre plus longtemps sans eau et nourriture. Ses instincts de survie se sont aussi développés.

Sur les terres de l’actuel Egypte, deux troupeaux de Lystrosaure, l’un venant d’Afrique du sud et l’autre rechapant aux éruptions des trapps de Sibérie, les deux groupes ont emprunté des chemins parallèles s’adaptant aux conditions climatiques, au manque d’oxygène, à l’air pollué et à l’absence de nourriture, leur croisement a donné naissance à une espèce d’autant plus forte, une nouvelle génération issue du meilleur des deux familles survivra à l’extinction.

Pour les scientifiques, cette admirable adaptation serait le fruit du hasard, car le facteur chance a joué un rôle important à deux niveaux, ces animaux ont eu la chance de survivre et ceux qui ont reconstruit un écosystème, se sont adaptés facilement aux nouvelles conditions de vie.

En revanche pour leur cousin, le Diictogon n’a pas eu cette chance, il n’a pas résisté à la métamorphose de son nouvel environnement et l’espèce s’est éteinte. Le Gorgonopsien, lui aussi a trouvé le même sort que le Diictogon, cette espèce s’est également éteinte pour toujours.

+ 500 000 ans après l’éruption

Enfin, l’extinction touche à sa fin, les trapps de Sibérie ont déversé plus de 6 millions de kilomètres carrés de lave sur la surface du globe. Soit suffisamment de basalte pouvant recouvrir les trois quarts des USA et sous plusieurs kilomètres de roches noires.

Les scientifiques ont chiffré les pertes, ils estiment que 70 à 90 % des espèces terrestres et aquatiques ont disparu, c’est l’une des pires extinctions massives de l’histoire de la planète.

Aucun écosystème n’a été épargné, tous les groupes d’animaux et de plante ont été touchés. L’extinction du Permien était 2 fois plus dramatique que n’importe quelle autre extinction survenue depuis 600 millions d’années, indiquent aussi les scientifiques.

Et pourtant, la vie réserve parfois des surprises, malgré son ampleur, la catastrophe n’a pas suffi à éradiquer la totalité des espèces et les quelques rescapés doivent maintenant reconstruire leur écosystème.

+ 1,2 million d’années après l’éruption

Pour les scientifiques, les rares espèces qui ont survécu, ont été probablement réduites à une minuscule proportion d’individus. Donc, les quelques survivants ont eu de la chance, mais les années qui ont suivi, ont été très difficile pour eux.

Grâce à ces rescapés, l’évolution repart à zéro, mais la route sera longue et semée d’embuches, car la Terre est tout de même hostile comparer au paradis qu’avait été l’ère du Permien.

Les scientifiques qui ont étudié les 5 millions d’années du début du trias, ont constaté qu’il avait fallu très longtemps pour que la Terre s’en remette. Pendant une très longue période, la majorité des animaux n’a fait que vivoter.

Le Lystrosaure a survécu à la catastrophe, mais l’espèce entame une transformation radicale.

Les scientifiques ont constaté qu’il y avait une grande différence de mensuration entre le Lystrosaure vivant au temps du Permien de celui vivant au Trias. Au Permien, les animaux étaient bien nourris et de grande taille, mais l’extinction a éliminé les plus grands spécimens. Ceux qui ont survécu ont une moyenne plus petite.

Parmi les survivants, on retrouve le Proterosuchus, celui qui représentait que 2 à 3 % de la population animale avant l’extinction, a pris aujourd’hui dans la chaîne alimentaire, la place du prédateur à sang chaud comme le Gorgonopsien.

Selon les scientifiques, le Proterosuchus a conduit à toute une variété d’archosaure, qui ont eux-même donné naissance aux crocodiles d’un côté et aux oiseaux de l’autre. Et entre les deux, bien sûr, il y a eu les dinosaures.

Fort heureusement pour nous, notre ancêtre, le petit Thrinaxodon, a lui aussi survécu à l’extinction.

Toujours selon les scientifiques, le Thrinaxodon est un animal important, car de tous les survivants des grandes extinctions massives, c’est l’ancêtre qui nous ressemble le plus. Non seulement, il possédait les caractéristiques nécessaires pour sa propre survie, mais aussi, pour l’avenir de tous les mammifères, y compris pour l’homme.

Pour l’humanité, l’extinction du Permien a connu une fin heureuse. Mais c’est aussi une leçon d’humilité, car la planète pourrait gronder à nouveau et nous entraîner dans une spirale infernale.

L’homme qui domine aujourd’hui le monde, comme jadis le Gorgonopsien, ne sortirait pas indemne d’une telle catastrophe volcanique.

 

Retrouvez aussi cet article sur mon autre blog au Nouvel Obs.

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