Budget européen : disons "merde" à l’austérité à la mode anglaise et allemande !


91879_britain-s-prime-minister-david-cameron-speaks-to-the-media-with-germany-s-chancellor-angela-merkel-at-downing-street-in-central-london

« Selon un extrait de la Belle du Seigneur d’Albert Cohen : Si tous les cornus d’Europe portaient lampions, ô miséricorde, quelle illumination ! »

 

Si en France on avance, petit à petit, contre les inégalités sociétales avec bientôt le vote solennel à l’Assemblée nationale du projet de loi sur l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.

En revanche, l’Union Européenne, elle, recule sur la même question.

Tout d’abord, les 27 dirigeants de la zone euro se sont réunis pour négocier le budget pluriannuel 2014-2020.

Cette négociation a finalement trouvé un accord et tout ce petit monde semble satisfait du menu concocté.

En effet, le menu concocté de cet « accord« , auquel les 27 semblent être si satisfaits, comporte qu’un plat maigre, mais rassurez-vous et il est, tout de même, de consistance.

Enfin, on verra que tout le monde ne sera pas mis sur le même pied d’égalité !

Ce menu, qui contenant une entrée, un plat de « résistance » et un dessert, est proposé en un seul plat [comme la lessive 2 en 1]. Ce plat se nomme austérité. Matin, midi et soir, on va nous faire avaler un plat sans saveur, bref austère.

Et ce malgré que nous sommes toujours en pleine crise :

  • qu’elle soit financière favorisant la pauvreté, alors que les riches, eux, s’enrichissent encore plus [sur le dos des pauvres, cela va de soi !] ;
  • qu’elle soit économique créant de la précarité et une crise majeure du chômage, avec une croissance plus qu’en berne ;
  • qu’elle soit politique à cause principalement des dirigeants ne prenant pas les bonnes résolutions politiques pour l’intérêt général et pourtant, ils se sont engagés auprès de leur peuple. Nous savons bien que certains d’entre eux ne les prendront jamais, soient par corruption, soient par conflit d’intérêts ou bien encore par manque de courage politique. La conséquence de cette inertie, le système financier, bancaire et boursier restent sans contrôles, bien que nous leur devions cette crise, aucune leçon n’a été tiré et ce depuis 2008, départ de la crise. Nous sommes à présent en 2013 ;
  • qu’elle soit morale, sur les politiques fiscales, par exemple. Car rien n’a été fait contre l’exil et la fraude fiscale. Ce problème majeur touchant les finances publiques de la plupart des pays européens ne semble pas faire partie des priorités de l’Europe ;

Et d’ailleurs, tous les problèmes auxquels les millions d’Européens se voient confronter – depuis cette crise – ne semblent pas faire partie des préoccupations premières de l’Europe et de ses dirigeants.

Alors ce plat sans saveur proposé par les 27 se fera au détriment de l’emploi et de la croissance, et les premiers à en pâtir seront les plus démunis.

En effet, à l’issue de la négociation à Bruxelles, un budget d’austérité de 908 milliards d’euros a été négocié pour les sept prochaines années. En comparaison, le budget adopté le 17 mai 2006 et révisé par la suite, pour la période 2007-2013, s’élevait à plus de 975 milliards d’euros. Cela fait une baisse de 67 milliards (- 7,5%).

Même si François Hollande s’est félicité d’avoir trouvé un compromis préservant, notamment, la Politique agricole commune (PAC).

Cet accord n’est pas pour autant une bonne nouvelle pour tous ceux qui payent encore aujourd’hui les erreurs de la finance, seule responsable de cette crise. Ainsi que les erreurs des dirigeants politiques qui l’ont amplifié.

Comment se réjouir alors que l’accord s’est soldé par une baisse de 40% sur l’aide alimentaire ?

Plusieurs personnalités se sont alarmées qu’un tel accord a pu être négocié.

Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire Français (SPF), a déclaré avec consternation et émotion « qu’il convient de noter que l’aide humanitaire alimentaire n’est pas une priorité de l’Europe. Appelons les choses par leur nom : il s’agit d’un enterrement de première classe. Car, demain, comment le SPF et les autres associations vont-elles pouvoir faire face à la demande croissante ? »

Catherine Trautmann, Présidente de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen, rappelle que « les montants alloués pour l’aide aux plus démunis » reviennent à « un euro par an et par habitant » et que « certains Etats membres, estimant ces sommes encore trop élevées, remettent en cause le principe même de cette aide au niveau européen ».

Dans ce contexte, Catherine Trautmann, les députés et les députés européens, s’associent à l’inquiétude exprimée par les associations d’aide alimentaire, en déclarant : « Nous refusons que la solidarité européenne soit brûlée sur l’autel de l’austérité ! Nous appelons tous les acteurs concernés à prendre conscience de l’enjeu humain en cause dans cette réforme et à défendre la solidarité européenne, sans quoi les peuples d’Europe se détourneront durablement du projet qu’ils incarnent ».

Les artisans de ce plat austère sans saveur sont les consœurs David Cameron, Premier ministre britannique, et la chancelière allemande, Angela Merkel.

Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris et notamment, vice-président du parti Socialiste Européen (PSE), a durement critiqué, sur son blog, la position du Premier ministre britannique : « David Cameron, en digne héritier de Margaret Thatcher, a utilisé l’unanimité nécessaire pour obtenir un rabais capable de redorer son blason. En effet, les Anglais ne supportent plus la crise que les conservateurs sont incapables de juguler ».

Évolution des contributions des États membres au budget

(Source Wikipédia : Évolution des contributions des États membres au budget : La participation des États membres au budget communautaire a évolué avec les élargissement successifs.)

« De la part du Premier ministre conservateur qui avait agité une fois encore la menace d’une sortie de l’Union européenne, posée comme question d’un référendum aux Britanniques, ce n’est pas glorieux, c’est un peu minable, mais pas étonnant », poursuit-il.

En effet, le conservateur britannique, David Cameron, a proposé à la condition qu’il soit réélu à la prochaine élection, de mettre sur la table un référendum proposant la sortie de l’Angleterre de la zone euro.

Or, Londres, qui de façon purement égoïste depuis 40 ans, cherche uniquement  » le beurre, l’argent du beurre, le pot de la crémière et son sourire ».

C’est pourquoi, Londres « tire depuis quarante ans des avantages économiques importants de son adhésion à l’UE grâce au marché unique. Il faut rappeler qu’environ la moitié des exportations britanniques vont vers le reste de l’Union. Le Royaume-Uni reçoit aussi de nombreux investissements, notamment des constructeurs automobiles, et enfin les services financiers tirent des bénéfices de leur accès simplifié au marché européen ». 

Le député socialiste déplore que « ce sont les pauvres qui paieront l’électoralisme aveugle, l’égoïsme sans foi ni loi de Cameron, car qu’on se le dise, réparer les dégâts des choix de rigueur coûtera au final plus cher que si on avait choisi (…) ».

« Résultat, le budget de cohésion, outil d’un développement solidaire des territoires, baisse, la politique de grands travaux ou l’Europe de l’énergie ne verront pas le jour alors qu’elles étaient des outils au service de l’emploi », a-t-il dénoncé.

« Le pire », pour Jean-Christophe Cambadélis, « c’est le programme d’aide alimentaire qui est sabré. Avec une coupe de 200 millions d’euros, c’est 25 millions de repas par an qui ne seront plus distribués ». « Le PPE a porté un nouveau coup à la cohésion européenne au nom du dogme de l’austérité. Il faudra s’en souvenir », déclare le député en demandant de soutenir le parlement Européen qui s’oppose à cette austérité.

En effet, suite à l’accord, les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement européen ont annoncé qu’ils refuseraient d’accepter « en l’état » le budget pluriannuel européen qui, selon eux, « ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne ».

« Cet accord ne renforcera pas la compétitivité de l’économie européenne. Au contraire, il ne fera que l’affaiblir. Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens européens », ont estimé dans un communiqué commun Joseph Daul (PPE, conservateurs), Hannes Swoboda (socialistes), Guy Verhofstadt (Libéraux), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (Verts). « Le Parlement européen ne peut accepter en l’état l’accord trouvé aujourd’hui au Conseil européen ».

Le Parlement européen se prononcera sur le budget lors de sa session plénière en juillet. Sans l’accord du Parlement, le budget ne pourra pas entrer en vigueur.

En 2011, l’Angleterre a connu des émeutes, dont plusieurs études liées cet évènement à la pauvreté grandissante dans le pays, comme Faiza Shaheen, chercheur en chef spécialisée dans l’inégalité économique pour le, The New Economics Foundation, « Il y a une forte corrélation entre les lieux des émeutes et les zones socialement défavorisées ».

Le Premier ministre, David Cameron, avait alors, quant à lui, au cours d’une session urgente au Parlement, « affirmé sa volonté de combattre les gangs, qu’il estimait principalement responsables ».

Selon le Quotidien du Peuple en ligne, « Pour la cinquième année consécutive, Rochdale, une ancienne ville ouvrière à une vingtaine de kilomètres de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, a été élue ville la plus pauvre du Royaume-Uni, à cause du nombre croissant d’enfants démunis et de son taux de chômage inquiétant » « de 72% ».

Et que dire du « modèle allemand » tant vanté par Nicolas Sarkozy et l’UMP, aujourd’hui dans l’opposition.

Pour comprendre l’arrière de la carte postale du « modèle allemand », c’est l’histoire de « Steffi, 65 ans, travailleuse précaire brisée par le « modèle allemand »« , qui en parle le mieux.

« Après son licenciement, Steffi, Allemande résidant en Lorraine, a découvert que la politique sociale de son pays était bien moins protectrice que celle de la France ».

La droite nous vantait sans plus de détail les finances florissantes de l’Allemagne.

C’est vrai que l’Allemagne est compétitive et tout le bla ! bla ! bla !

Oui, mais essentiellement grâce au maintien des plus modestes dans la précarité, par une diminution des salaires, non pas des plus hauts [faut pas rêver], mais des plus bas et ainsi qu’à une baisse drastique des prestations sociales [grâce à lesquelles « Steffi » a été brisée].

En cause, la création des « minijobs payés 400 euros par mois avec exonération de charges pour les employeurs, les midijobs payés entre 400 et 800 euros par mois, une baisse radicale des allocations chômage pour les chômeurs de longue durée (plus d’un an) et même des jobs à un euro de l’heure. De manière générale, les postes moins rémunérés qui sont stipulés dans les conventions collectives en vigueur dans chaque branche ont proliféré ».

Mais nous vantaient-ils que l’espérance de vie des pauvres diminue en Allemagne ?

Alors faisons comme l’Islande, quand elle a été forcée et contrainte en 2008 par son peuple [très] en colère de dire « merde » aux banquiers responsables de l’effondrement du système bancaire.

Disons, nous aussi, « merde » à l’austérité imposée par l’Angleterre et l’Allemagne comme plat principal !

PS : à nos amis Anglais eurosceptiques et europhobes, si vous voulez sortir de l’Europe, personnellement, je ne vous retiens pas ! Bon vent !

PS : à nos amis Allemands, personnellement, vous pouvez vous garder votre modèle social !


Sondage sur Facebook : souhaitez-vous le retour de DSK en politique ?

Retrouvez aussi cet article sur mon autre blog au Nouvel Obs.

Publicités
Tagged with: , , , , , , , , , , , , ,
Publié dans Actualité, Politique
One comment on “Budget européen : disons "merde" à l’austérité à la mode anglaise et allemande !
  1. casimira31 dit :

    Pour les européens ne parlant pas français, voici la traduction du mot « merde » dans votre langue maternelle :
    – Allemand et Autrichien : « Scheiße » – Anglais : « shit » – Bulgare : « лайна » – Chypriote et Grec : « σκατά » – Danois : « lort » – Espagnol : « mierda » – Estonien : « sitt » – Finnois : « paska » – Hongrois : « szar » – Irlandais : « cac » – Italien : « merda » – Letton : « sūdi » – Lituanien : « šūdas » – Maltais : « shit » – Néerlandais : « stront » – Polonais : « gówno » – Portugais : « merda » – Tchèque : « hovno » – Roumain : « rahat » – Slovaque : « hovno » – Slovène : « sranje » – Suédois : « skit »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Casimira

Je Suis Toujours Debout !
France attentat 13 11 15
Je Suis Toujours Charlie !
hebergement images
PageRank
PageRank
Online

Compteur de visiteurs en temps réel

Hit Counter

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 201 autres abonnés

Partager ce blog
Facebook Twitter More...
Me suivre sur Twitter
Pages vues…
Hit Counter
Stats du Site
  • 75,465 hits
Catégories
Calendrier
février 2013
L M M J V S D
« Jan   Mar »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728  
%d blogueurs aiment cette page :