Budget européen : selon Les Economistes Atterrés, "en s’appuyant hier sur Sarkozy, aujourd’hui sur Cameron, l’Allemagne conduit l’Europe droit dans le mur"


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Selon un extrait du Dictionnaire incorrect de Jean-François Kahn : « Plus les grands patrons néolibéraux augmentent leurs revenus, plus ils estiment excessif le « coût de la main-d’œuvre ». »

 

Une fronde s’organise contre la baisse du budget européen imposé, aux citoyens européens, par la chancelière allemande, Angela Merkel et le Premier ministre britannique, David Cameron.

En effet, ces deux dirigeants nous ont imposé, à coup de marchandage, une baisse de 67 milliards d’euros pour le budget pluriannuel 2014-2020.

Baisse qui touche, notamment, l’aide alimentaire pour les plus démunis, à la hauteur de 200 millions d’euros, alors que le budget revient à un euro par an et par habitant.

Selon Les Economistes Atterrés, « l’Allemagne conduit l’Union européenne droit dans le mur ».

Alors que « l’Europe est le seul bloc de l’économie mondiale pour lequel on annonce une croissance quasi-nulle en 2013 », indiquent Les Economistes Atterrés, en dénonçant que « L’Europe a fait un choix inepte : revenir à l’équilibre budgétaire – 0,5% maximum autorisé) – en quelques petites années. Du coup, on a organisé la récession générale sur l’ensemble du continent ».

L’Europe, après Londres, la poule aux œufs d’or pour la chancelière, Angela Merkel ?

« Merkel impose l’équilibre sans la solidarité », par un « concept » et une « vision » dans lesquels « prévaut l’idée que, pour conserver une monnaie unique, il serait possible d’éviter de bâtir des solidarités en Europe ».

La solidarité, un gros mot, pour Angela Merkel, il semblerait.

La solidarité ne fait pas partie de l’idéologie libérale de la chancelière allemande, car pour faire en sorte que le coût de la main d’œuvre soit le plus bas possible, l’Allemagne a inventé en 1970 le concept « des minijobs », si c’est un véritable cadeau donné aux employeurs qui les utilisent à outrance en s’affranchissant de payer des charges patronales et sociales.

En revanche, c’est une véritable plaie sociale pour ceux qui sont forcés de signer ce type de contrat, ils seraient plus de « 7 millions » à être employés actuellement, selon La Voix Eco, expliquant par ailleurs, que « ces contrats précaires, peu rémunérés et dispensés de charges sociales sont de plus en plus montrés du doigt dans une Allemagne qui s’interroge sur la face obscure de son succès économique ».

On en a pour preuve que ce concept est une véritable bombe à retardement pour le futur, car il a l’art de maintenir les plus démunis dans la pauvreté, puisque au bout de ces contrats précaires les employés ne peuvent prétendre à rien, sécurité sociale, Assedic, retraite… même si la chancelière a récemment instauré un nouveau règlement dans lequel une petite cotisation pour les retraites a été prévue, mais pour seulement les nouveaux contrats signés.

[… Mais pour Dorothea Voss, chercheuse à la fondation Hans-Böckler, proche du syndicat DGB, cette mesure ne fait qu’aggraver le problème en « renforçant une forme d’emploi, catastrophique du point de vue de la protection sociale, et qui ne permet pas de vivre décemment ».

Avec le nouveau règlement, les minijobbers « vont certes pouvoir cotiser pour une retraite, mais très faible. Encourager ce genre de contrat, c’est programmer (à terme) une vague de pauvreté chez les séniors », prévient-elle. …]

Les Economistes Atterrés dénoncent « L’Allemagne [d’avoir] imposé cette solution [l’austérité] car elle tire d’énormes avantages du statut quo. L’un des avantages majeurs pour elle réside dans le fait que, étant spécialisée au niveau international dans le haut de gamme pour des produits très fortement demandés, elle bénéficie d’un euro largement sous-évalué ; alors qu’il est nettement surévalué pour la grande majorité des autres pays membres ».

« Pourquoi la solution qu’elle proposait s’est-elle imposée ? », interrogent les Economistes Atterrés, en donnant la raison essentielle, car selon eux, « les autres grand dirigeants néolibéraux (à commencer par Sarkozy en France) ont vu dans le pacte un instrument pour faire progresser encore l’agenda néo-libéral, malgré l’explosion de la crise financière qui marquait l’échec spectaculaire de ce programme ».

[… L’adoption du Pacte permettait de franchir un nouveau cran dans le démantèlement de l’Etat social. Le tour de passe idéologique du néolibéralisme a pu ainsi s’accomplir : la crise était portée au crédit d’un Etat social trop laxiste.

Nous voyons d’ailleurs avec le récent budget européen que cette idéologie et cette offensive se poursuivent. En s’appuyant hier sur Sarkozy, aujourd’hui sur Cameron, l’Allemagne conduit l’Union européenne droit dans le mur, concluent les Economistes. …]

Nombreux sont les journalistes à critiquer cette négociation et entendent bien à le faire savoir

Pour commencer, l’éditorial de Jean-Claude Kiefer, aux Dernières Nouvelles de d’Alsace, qui titre son édito comme d’un résultat d’une rencontre de foot entre deux équipes : « Egoïsme : 1 – Europe : 0« 

« Mais est-ce cela, l’Europe ? L’Europe de ce compromis plus bancal que bancal signé à Bruxelles ? », s’exclame-t-il tout en critiquant « la volonté politique exprimée sous les chiffres ». Pour lui, cette volonté politique « est inexistante. Elle frise le zéro absolu, style Société des Nations des années 1930 ». En terminant, « Bref, il faudrait beaucoup, beaucoup de courage politique aux eurodéputés pour dire non. Au risque d’une crise ? Chiche ! »

[… Selon RFI, les eurodéputés pourraient voter contre ce budget en juillet

Les sujets d’inquiétudes sur les conséquences de ce budget européen d’austérité pour la période 2014-2020 sont nombreux à agiter les eurodéputés, qui auront à voter sur ce budget en juillet prochain.

Alain Lamassoure, président (PPE) de la commission en charge des budgets au Parlement européen, a déjà prévenu : « La première chose que je vais faire, c’est d’exiger du président Van Rompuy qu’il donne exactement, pays par pays, le détail des conséquences de l’accord ». …]

Ensuite, Nicolas Domenach, chez Marianne, qui titre sa chronique avec colère par ce « Budget européen : la honte…« 

« Impossible de dissiper ce sentiment de honte. Poisseux. Ecœurant. Les ministres ont beau se succéder aux micros pour tenter d’expliquer, après François Hollande, que l’accord sur le budget européen est « un bon compromis » et qu’au fond « c’est moins pire que si c’était pire », ça ne passe pas », s’indigne-t-il en dénonçant, « Ce lâche soulagement des dirigeants politiques trop heureux de ne pas avoir ajouté une crise de la Communauté à la Crise économique, c’est le triomphe de la myopie et du « court-termisme ». Sans compter la faute morale qui consiste à accepter une diminution de l’aide alimentaire pour les plus pauvres, il y a dans cette réduction –une première !- des moyens accordés à l’Europe une erreur économique et une démission insupportable de ceux qui ont en charge la destinée de la Communauté, à commencer par la France ».

[… Le président français, François Hollande, en prend pour « son grade » par le journaliste : Le commandant en chef de la Nation tout auréolé du succès de sa geste guerrière, avait pourtant l’opportunité de faire claquer les mots et le drapeau. « Papa hollande », le libérateur de Bamako pouvait parler fort au nom du peuple africain mais aussi français de l’impérieuse nécessité de faire croître une Europe puissante dont le besoin se fait si cruellement sentir non seulement dans le Monde mais sur notre territoire national. Il en avait d’ailleurs pris l’engagement pendant sa campagne électorale, puis après sa victoire électorale, lorsqu’il assurait que la rigueur en France serait compensée par une relance européenne à laquelle il accrochait son destin et le nôtre. Son silence ensuite face aux tergiversations de Merkel, puis aux provocations libérales de Cameron ne pouvait être qu’une promesse de fermeté future dont il ferait démonstration à Bruxelles. Le mâle du Mali serait celui de l’Europe qui n’attend qu’un projet ferme et une voix forte pour se ressaisir et stopper sa dégringolade aux abîmes de l’impopularité. La défense des seuls intérêts particulier mine toujours plus le collectif dont le principe même est atteint par des dirigeants qui devraient en être les garants et les pédagogues auprès des peuples déboussolés. …]

Nicolas Domenach termine sa chronique par poser une question, mais de quoi a-t-on peur ?

[… « Ca ne méritait pas un clash ? Ou le coup de la chaise vide si on craignait de la leur mettre en pleine tête ? Au moins l’esquisse d’une épreuve de force ? Les anglais l’avaient bien tentée et réussie avec Thatcher autrefois. Mais de quoi donc a-t-on peur ? De Merkel ? De Cameron ? De notre ombre, Que le ciel financier nous tombe sur la tête ?… » Et il demande ou est passée « L’esprit français, rebelle, généreux, d’Artagnan et Fan Fan la Tulipe ne serait-il désormais que par éclipses ? Ah certes, nous avons sauvegardé l’essentiel de la Politique Agricole Commune, ce qui pour les céréaliers, les gros et les petits aussi, est notamment une bonne chose. Mais ça n’enlève pas cette honte de ne pas être à la hauteur du défi, de l’histoire, de l’avenir, de nous-mêmes… » …]

Enfin pour Anne Bauer, Les Echos, la négociation est « Une  défaite pour l’Europe« 

« Doit-on pour autant féliciter les Vingt-Sept de l’accord trouvé après 24 heures de négociations ininterrompues ? », demande-t-elle, en présageant que « Certains accords ont malheureusement un goût de reddition qui laisse présager de futurs conflits ».

Viens à présent la salve des « hypocrites » sortant leurs plumes

« La prise en compte des intérêts et égoïsmes nationaux a prévalu sur l’intérêt commun européen », nous titre l’UMP dans son « communiqué ».

Pourtant, l’UMP devrait être ravie que la négociation entre les 27 se termine par une baisse du budget ? Car ce budget n’est que la suite logique du fonctionnement néolibéral du couple MerKozy.

Et bien non à les lire…

Pour terminer, je réitère : Disons, nous aussi, « merde » à l’austérité imposée par l’Angleterre et l’Allemagne comme plat principal !

PS : à nos amis Anglais, eurosceptiques et europhobes, ne prenez pas la peine de réclamer un référendum sur votre sortie éventuelle de l’Europe, les citoyens européens le demandent à votre place… pas sûr que la City soit ravie.

PS : à nos amis Allemands et aux autres citoyens européens, un sondage sur le modèle social allemand… cela vous tente ?


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Retrouvez aussi cet article sur mon autre blog au Nouvel Obs.

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Publié dans Actualité, Mes coups de gueule, Politique, Société

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