DSK VS le Carlton : la montagne judiciaire est close


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« La foi soulève des montagnes mais les laisse joyeusement retomber sur la tête de ceux qui ne l’ont pas. » Boris Vian

 

Me Dupond-Moretti, avocat de l’entrepreneur David Roquet, avait estimé à Nord-Eclair sur l’affaire dite du Carlton, outre qu’il parlait d’un « dossier minable », « la montagne judiciaire accouchera d’une toute petite souris, on a choisi une qualification criminelle par confort, mais il faudrait qu’on aille jusqu’au bout et qu’on aille devant la cour d’Assises, et qu’on soumette ça aux jurés populaires ! Il n’y a pas un Français qui envisage que l’on puisse poursuivre un homme pour un crime au motif qu’il a à plusieurs reprises couché avec des prostituées. »

Les juges instructeurs lillois, après deux ans d’enquête, ont, selon le Parisien, terminé d’instruire leur dossier.

« Les magistrats lillois vont communiquer le dossier au procureur de la République de Lille. Ils vont également aviser les avocats de la défense, dont ceux de Dominique Strauss-Kahn, et ceux des parties civiles, qu’ils estiment avoir fini leurs investigations. »

L’ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, avait été mis en examen depuis mars 2012, pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », après plusieurs décisions de justice comme la levée partielle de son contrôle judiciaire en mai 2012, lequel lui interdisait de s’exprimer auprès des médias.

« Je pense que c’est un premier désaveu juridique et qu’il y en aura d’autres sur le fond« , avait déclaré Me Richard Malka, l’un des avocats de DSK. Rajoutant que « Cette décision établit que l’on peut et que l’on va peu à peu en revenir à la raison dans ce dossier. Et en revenir à une analyse juridique stricte. C’est intervenu sur le contrôle judiciaire, je pense que cela interviendra à un moment ou à un autre sur l’analyse du délit de proxénétisme« .

Et puis DSK, « ce proxénète malgré lui« , s’est vu rejeter ses requêtes de nullité par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Douai en décembre dernier et après avoir reporté à deux reprises sa décision.

Et ce malgré les accusations graves de tous les avocats de la défense, la chambre n’en eut cure, car bien sûr dans le petit monde de la justice on ne désavoue pas ses collègues.

En effet, les avocats, entre autres, de Dominique Strauss-Kahn ont accusé publiquement les juges instructeurs d’avoir « monté de toutes pièces le dossier », ils ont mis en cause « leurs impartialités » et dénoncé d’avoir utilisé « sciemment des méthodes déloyales ».

Car d’une part, les avocats n’ont pas eu le dossier en temps et en heure le jour de la garde à vue, la loi exige un délai de quatre jours et d’autre part, les PV ont été rapidement communiqués à la presse par, semble-t-il, les juges ou leurs entourages proches, comme les policiers enquêtant sur l’affaire, violant ainsi le secret de l’instruction par l’article 11 du Code de procédure pénale et une plainte a été déposé pour « violation manifeste de ses droits » par les avocats de DSK.

[… Le quotidien Le Monde » (…) n’a pas hésité de manière tronquée, puisque parcellaire, à publier des passages choisis de procès-verbaux des auditions de Monsieur Strauss-Kahn dont on peut se demander comment ils lui sont si opportunément parvenus (…) Monsieur Strauss-Kahn déposera plainte dans les prochains jours à raison de cette violation manifeste de ses droits. …]

Après cette décision, Dominique Strauss-Kahn s’est pourvoi en cassation.

[… « M. Dominique Strauss Kahn prend acte de la décision de la chambre de l’instruction rejetant les demandes de nullités procédurales soulevées par ses avocats et va former un pourvoi en cassation contre celle-ci », écrivent ses avocats, Frédérique Baulieu, Henri Leclerc et Richard Malka.

« La défense de M. Dominique Strauss Kahn a la certitude qu’il sera finalement lavé des accusations absurdes de proxénétisme dont il fait l’objet, accusations qui heurtent tout autant le bon sens que l’analyse juridique », ajoutent-ils dans un communiqué. …]

L’affaire a « démarré en mars 2011 » ajoute le Parisien, oui officiellement devrait-il rajouter, parce que cette enquête avait été officieusement ouverte bien avant l’affaire du Sofitel.

En effet, Libération avait rapporté que des ministères avaient appelé le bureau du Procureur Vance en indiquant qu’il y avait une autre affaire concernant DSK en France et bien que l’ancien pouvoir avait démenti, Libération avait maintenu ses accusations, à cette époque on pensait qu’il s’agissait de Tristane Banon, et bien non il s’agissait de l’affaire dite du Carlton.

[… Mais dans ce drame à rebondissements (l’affaire du Sofitel), la caméra s’est déplacée et découvre une autre scène, une affaire dans l’affaire qui, de New York, revient à Paris. Libération maintient ses informations publiées hier : deux hauts fonctionnaires, l’un au ministère de la Justice, l’autre au Quai d’Orsay, ont appelé le bureau du procureur de New York le lendemain de l’arrestation de DSK. Des « informations »ont été livrées sur l’implication éventuelle du futur candidat PS dans une affaire d’agression sexuelle et dans « un dossier de prostitution dans le nord de la France ». Ces révélations confirment d’abord que les frasques de DSK – décidément très surveillé – n’étaient d’aucun secret pour le sommet de l’Etat. Plus encore, elles mettent une fois encore en lumière l’extrême confusion des pouvoirs judiciaire et exécutif. L’Etat semble s’être comporté comme une vulgaire balance, prêt à utiliser des rapports de basse police à des fins politiques. S’affranchissant au passage de toutes les règles de droit et de la diplomatie qui régissent en principe les relations entre deux pays. C’est précisément la définition d’un Etat partisan qui s’estime au-dessus des lois. …]

Quant à Dominique Strauss-Kahn, il a toujours et avec force, clamé son innocence et sans changer un iota à ses déclarations auprès des juges, en effet, il a toujours soutenu qu’il ignorait que ces femmes, dont certaines d’entre elles étaient des prostituées et qui avaient participé aux soirées « coquines », étaient des professionnelles et donc rémunérées. Et d’ailleurs, cela a été confirmé notamment, par l’entrepreneur Fabrice Paskowski, lui aussi mis en examen.

Fabrice Paskowski, a récemment accordé un entretien à la Voix du Nord, dans lequel il trouve que « DSK paie une addition bien chère… », et revient sur son incarcération, l’affaire et les ravages sur sa vie privée. Il assure que « la loi est tirée par les cheveux. On veut à tout prix établir le proxénétisme parce qu’il y a Dominique Strauss-Kahn dans la procédure. »

[… Voulez-vous nous parler des soirées que vous passiez ensemble ? (Demande le quotidien à Fabrice Paskowski)

Nous participions effectivement entre amis à des soirées libertines. Parfois avec Dominique Strauss-Kahn, d’autres fois non. Parfois, d’ailleurs, il n’y avait rien de libertin, juste un repas. Bref, nous étions entre amis. Il arrivait, c’est vrai, que quelqu’un vienne avec une fille qu’il rémunérait. Après tout, il y a un principe, dans ce genre de rencontres, c’est de venir accompagné. Moi-même, ça m’est arrivé, mais dans ce cas-là, on ne le crie pas sur les toits !

Quand nous étions nombreux, il arrivait que dix à vingt pour cent des femmes étaient rémunérées, mais la grande majorité étaient des amies qui partageaient notre goût pour le libertinage. En fait, quand on est invité, il est d’usage de rendre cette invitation. Et pour quelqu’un qui n’est pas accompagné, il n’y a pas trente-six solutions. Mais des couples échangistes, il y en a partout. Bien plus, en tout cas, que semblent le penser certains magistrats…

Je répète que DSK ne m’a jamais ordonné d’organiser quelque soirée que ce soit… J’ai été invité, j’ai réinvité, je n’y ai vu aucun mal et certainement pas quelque chose de répréhensible juridiquement. Je m’étais même renseigné, auprès d’amis juristes : on m’avait dit que cela ne posait aucun problème.

Même des policiers nous disaient que c’était légal ! Je me suis fait accompagner par une escort girl pour ne pas m’y rendre seul : cela me parait normal dans une soirée échangiste. J’en suis devenu un proxénète car j’ai incité à la prostitution en laissant ma partenaire avoir des relations sexuelles avec autrui … Je n’arrive toujours pas à y croire mais c’est la réalité !

Certains avaient peut-être d’autres idées en tête que se divertir…

Que chacun ait son appréciation ou spécule sur l’avenir de Dominique Strauss-Kahn, et l’avantage qu’il pourrait y avoir à le fréquenter, c’est autre chose. En tout cas, je peux vous dire que DSK ignorait totalement que David Roquet travaillait chez Eiffage, par exemple. Et il s’en moquait bien ! Pensez-vous qu’il aurait été intéressé par la fréquentation du patron d’une petite filiale d’Eiffage installée dans le Pas-de-Calais ?

On pourrait aussi gloser sur la question des compétences, tiens. Que M. Menault, qui était contrôleur général, c’est à dire le même grade que Frédéric Péchenard, se soit rêvé en directeur national de la police, ou Jean-Christophe Lagarde en patron de la sécurité à l’Elysée, ce n’est pas impossible, je n’en sais rien. D’ailleurs, Dominique Strauss-Kahn avait été intéressé par la discussion qu’il avait eue avec eux, sur la question de la sécurité en France.  Mais à l’origine, tout cela était surtout ludique.

(…)

Pensez-vous, comme d’autres, que c’est lui qui était particulièrement visé ?

Il est évident que la dimension de cette histoire judiciaire et médiatique ne tient qu’à la présence de DSK. J’ai le sentiment que ce dernier paye une addition bien chère dans tous les sens du terme. Il était une cible, il est devenu une source de profit médiatique. Ni les circonstances, ni personne ne lui a fait le moindre cadeau. Je sais et l’on me parle souvent du côté obscur de cette affaire : à qui cela a-t-il pu profiter ? Tout le monde a sa version, ou plutôt se l’imagine un peu comme ça l’arrange… Pour ma part, je ne m’avancerai pas sur ce terrain ; c’est un puzzle bien compliqué ou chaque protagoniste a sa pièce. …]

Le Parisien termine en pensant que « s’il y a procès ce pourrait être en correctionnelle ».

« Au final, il reviendra aux magistrats instructeurs de décider si les neuf protagonistes doivent ou non être jugés. En cas de procès, il pourrait se tenir devant le tribunal correctionnel, même si pour l’instant il s’agit d’un procédure criminelle relevant des assises. »

Ainsi que « les conseils des neuf personnes mises en examen dans ce dossier (…) auront trois mois pour, s’ils le jugent nécessaire, formuler des demandes d’actes ou présenter des requêtes. Elles pourront être acceptées ou rejetées. De son côté, le parquet de Lille aura lui aussi trois mois pour prendre ses réquisitions. »


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Publié dans Actualité, DSK

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