De l’affaire Cahuzac à celle de DSK plane l’ombre de la DCRI et par assemblage celle de Sarkozy


dsk & cahuzac

« La lumière montre l’ombre et la vérité le mystère. » Proverbe latin médiéval

Dernier rebondissement dans l’affaire Cahuzac, après deux perquisitions et ainsi que le compte détenu par l’ancien ministre délégué au Budget fût avéré, les enquêteurs veulent savoir à présent d’où viennent les fonds et à combien ils s’élèvent.

Pour Antoine Peillon, journaliste spécialiste de l’évasion et de la fraude fiscale et auteur du livre, « Ces 600 milliards qui manquent à la France – Edition Seuil », Jérôme Cahuzac n’aurait pas pu placer sur le compte UBS la somme de 600 000 euros comme l’avait affirmé son blog M. Cahuzac, mais « au moins 10 millions d’euros », si ce n’est la somme de « 15 millions d’euros« .

« On ne peut pas bénéficier de l’expertise d’un grand conseiller parisien, articulé à une société financière genevoise, articulée à la plus grande banque de gestion de fortune du monde, UBS, à Genève et ensuite à Singapour, sans mettre sur la table non pas 600.000 euros, mais au moins dix millions d’euros », a-t-il expliqué hier sur France 2, en estimant que « C’est le ticket d’entrée pour ce genre de service ».

Youtube – Affaire Cahuzac : Un compte à « au moins 10 millions d’euros » selon Antoine Peillon – par Le Journal du Siècle

De plus, selon le quotidien zurichois Tages Anzeiger, citant une de ses sources, l’ancien ministre n’a pas seulement menti à la France sur la détention de son compte bancaire suisse, mais il aurait menti aussi à une banque suisse, Julius Baer, en leur fournissant un « certificat fiscal falsifié », indique le Monde.

[… Dans son édition du 6 avril, le journal écrit qu’en 1992, Philippe Péninque (proche du Front national), un ami de longue date de Jérôme Cahuzac, a ouvert pour lui sous son nom un compte à l’UBS Genève. Quelques mois plus tard, Jérôme Cahuzac s’est rendu lui-même à Genève et le compte a été transféré à son nom. (…)

Reyl & Cie a ouvert auprès de l’UBS un compte « omnibus », soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients, seulement connus par la banque, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l’argent est resté de facto à l’UBS. (…)

En 2009, après que la Suisse s’est déclarée prête à accorder l’aide judiciaire en cas d’évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève et a demandé à Reyl & Co de transférer,  grâce à la banque Julius Baer, les fonds sur un compte omnibus à Singapour.

La banque Julius Baer a réagi avec prudence, écrit le journal. Elle a réclamé à Reyl & Co, bien que rien ne l’y obligeait, une formulaire appelé « formulaire A », qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds. Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu’il s’agissait d’un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.

Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac a alors « présenté un certificat fiscal falsifié ». Il a également assuré que ces 600 000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l’opération de transfert de fonds. (…) …]

De l’affaire Cahuzac à celle de DSK plane l’ombre de la DCRI et par assemblage celle de Sarkozy

Le journaliste Antoine Peillon, qui a enquêté sur l’évasion et la fraude fiscale, dénonce des dysfonctionnements au sein de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur connu sous le nom de DCRI, née, en 2008, de la fusion entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux (RG) par l’ancien président Sarkozy.

Pour appuyer ses accusations, il ne cite pas non seulement les éléments de son enquête, mais aussi celle d’un rapport venant carrément d’un collectif d’officiers de la DCRI.

[… C’est un document d’une sévérité inédite rédigé par un collectif d’officiers de la DCRI, ce « FBI à la française » (…). Rédigé sur 14 pages en style parfois télégraphique, ce véritable audit du service de renseignement, mais aussi de nombreuses autres directions de la police compétentes en matière de délinquance financière, a été remis le 16 février dernier aux parlementaires du groupe de travail sur les exilés fiscaux dirigé par le député socialiste Yann Galut. …]

Dailymotion – « Ces 600 milliards qui manquent à la France » enquête d’Antoine Peillon – par France Inter

[… Cette note très précise, (…), encourage les élus à interroger, si possible dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire, les anciens et actuels patrons ou responsables de la DCRI (dont Bernard Squarcini, Gilles Gray, Éric Bellemin-Comte…), notamment celles et ceux qui étaient et sont encore chargés du renseignement économique et financier, ainsi que ses chefs du « département sécurité » ou du « groupe action » de la sous-direction chargée du renseignement économique.

Car les auteurs de la note se livrent à un véritable réquisitoire, révélant d’une part la surveillance étroite opérée par le renseignement intérieur sur l’organisation de la fraude fiscale internationale, notamment celle qui fut organisée en France par la banque suisse UBS, et dénonçant d’autre part la non-transmission à la justice des informations considérables recueillies lors de cette surveillance.

« Pourquoi, après avoir découvert cette infraction pénale (NDLR : celle commise par UBS), la sous-direction K (renseignement économique et financier) de la DCRI ne l’a-t-elle pas dénoncée au procureur de la République (…) ? Pourquoi la sous-direction K a-t-elle axé son travail de surveillance sur les cadres de l’UBS qui dénonçaient le système de fraude plutôt que sur ceux (qui étaient) à l’origine du système ? », peut-on lire dans ce document confidentiel. …]

Pire encore, le rapport dénonce aussi que la DCRI a été ou est encore totalement « dévolue » et complètement « dévoyée » à la « cause » de l’ancien président Sarkozy, qui l’a utilisé contre les autres comme « d’une arme à double tranchant ».

[… Plus grave encore, les rédacteurs de la note pointent du doigt « les services extérieurs à la DCRI qui ont travaillé sur le dossier Tracfin (1) »concernant l’organisation de l’évasion fiscale massive de la France vers la Suisse, notamment le service interministériel d’intelligence économique. Selon l’un de ces officiers, « la presque totalité des cadres de la DCRI et de ces autres services de police ou de renseignement, toujours en responsabilité, sont ceux qui ont servi avec zèle le président de la République précédent ».

Résultat, selon eux, « le faible nombre de dénonciations qui émanent des services de renseignement spécialisés dans le domaine économique et financier, notamment ceux de la DCRI, nous incite à réfléchir sur la mission de ces services dont l’inefficacité pénale est injustifiable ». Dès lors, le verdict de ces professionnels est radical : « Ces services se nourrissent des délits qu’ils ne souhaitent pas voir apparaître ou révéler à l’autorité judiciaire pour ne pas amoindrir leur influence, quand le besoin s’en fait sentir. » …]

Une entrave majeure à la justice, affirme l’audit.

[… Enfin, la note des officiers du renseignement intérieur remise aux élus affirme que le fonctionnement actuel de leur service représente une entrave majeure à la justice. « Il conviendrait de ne plus abusivement protéger le recueil de renseignements économiques et financiers par le “secret défense”, car ce type de renseignements ne menace pas la défense ou la sécurité nationale », écrivent-ils.

Avant de conclure : « Généraliser la classification des activités et des informations recueillies par la DCRI empêche la justice d’avoir à connaître des informations dont elle a rapidement besoin pour ses enquêtes. »  …]

Alors après ces révélations, intéressons-nous à présent aux soutiens de Jérôme Cahuzac avant ses aveux.

Ce ne sont pas le soutien du président Hollande et ceux du gouvernement Ayrault que je veux mettre en évidence.

Mais le soutien à peine dévoilé de l’UMP, dans son ensemble, s’évertuant à privilégier soi-disant la « présomption d’innocence » et plus particulièrement le soutien du député et ancien ministre du Budget sous M. Sarkozy, Eric Woerth.

Notons au passage qu’il fut aussi le trésorier de la campagne électorale de M. Sarkozy en 2007 et qu’il a été mis en examen dans l’affaire Bettencourt pour « recel de financement illicite de parti politique ». Ce qui l’a poussé hors du gouvernement Fillon après les révélations de cette affaire.

Très surprenant, en effet, le soutien de la part de celui qui fut hier ministre du Budget et dont il avait en charge aussi de traquer les fraudeurs, après avoir donné, en 2009, un « semblant » d’ultimatum aux 3 000 évadés fiscaux… moi, je n’appelle pas cela du soutien, mais plutôt de la « connivence« .

Eric Woerth se défend « benoîtement » d’avoir ignoré que Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, or, il semblerait bien qu’il ment comme « un arracheur de dents ».

En effet, il ne pouvait pas nier d’avoir été prévenu d’une part, par l’enquête fiscale d’un ex-agent du fisc :

[… « Rémy Garnier, ex-vérificateur du fisc en disgrâce de l’administration, avait adressé un mémoire sur la situation fiscale de Jérôme Cahuzac à sa hiérarchie. Déjà à l’époque, ce fonctionnaire du Lot-et-Garonne (comme Cahuzac) évoquait des anomalies dans le compte fiscal de l’ex-ministre socialiste du Budget. Parmi lesquelles, peut-être, un compte bancaire caché en Suisse. Jérôme Cahuzac a-t-il été inquiété ? Visiblement non. Mais Rémy Garnier, qui réclamait une enquête, oui, avec un avertissement disciplinaire. Une péripétie de plus pour ce fonctionnaire au parcours tumultueux, contre qui l’administration a intenté dix procès. (…).

Mais Michel Gonelle, ancien maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, détenteur, dans des conditions rocambolesques, de l’enregistrement audio dans lequel Cahuzac évoquait un compte en Suisse, en a rajouté une couche, mercredi, sur une possible bienveillance de la précédente majorité à l’égard de l’ex-patron socialiste du Budget. …]

Qui peut croire que l’administration des impôts ne l’avait pas averti lui le ministre du Budget en charge de traquer les fraudeurs ?

Et d’autre part, par la police « politique » dite DCRI de l’ancien président Sarkozy et qui a chaque affaire on retrouve l’ombre de la DCRI collant aux basques de son géniteur, comme le sous-entend non seulement le journaliste Antoine Peillon ou bien celui de l’audit de collectif d’agents de la DCRI.

Mais encore, comme le sous-entend l’enquête journalistique : « L’espion du président – Edition Robert Laffont ».

Une enquête édifiante sur le copain de M. Sarkozy et ancien directeur de la DCRI, Bernard Squarcini dit « le Squale » révélée par Olivia Recasens et Christophe Labbé, journalistes au Point et par leur confrère, Didier Hassoux, journaliste au Canard Enchainé.

Notons que Bernard Squarcini a été, lui aussi, mis en examen pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel » dans l’affaire Bettencourt, comme l’a été tout récemment son « compère », M. Sarkozy, pour « abus de faiblesse » sur Liliane Bettencourt.

[… Depuis l’arrivée de Sarkozy, il (Squarcini) pense être fort, très fort, trop fort peut-être. Il ne se rend plus compte. Je ne dis absolument pas qu’il est corrompu. Je dis qu’il est compromis, disait un subordonné de Squarcini. …]

Qui peut croire que l’ancien ministre au Budget, Eric Woerth, n’a pas été mis au jus sur l’existence du compte bancaire suisse de M. Cahuzac par la DCRI ?

De plus, sachant que ces deux-là se sont envoyé réciproquement l’ascenseur.

[… Jérôme Cahuzac, alors président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale en 2010, déclarant sur Eric Woerth : « Eric Woerth est, je crois, un honnête homme ». « Il n’y a ni affaire Bettencourt, ni affaire Woerth, pour l’instant en tout cas ».

Eric Woerth avait déclaré récemment sur Jérôme Cahuzac : « J’ai plutôt calmé mes collègues car cela me rappelait trop de mauvais souvenirs, explique-t-il. Je ne voulais pas qu’on lui fasse ce que les socialistes m’avaient fait subir. Ces messieurs Ayrault, Eckert ou Glavany ont été odieux à mon égard. Je ne m’abaisserai jamais à cela ». …]

Et puis, sachant aussi que M. Sarkozy a laissé ses « taupes à l’Elysée« …

Petit rappel sur l’affaire DSK d’où plane aussi l’ombre de la DCRI et celle de M. Sarkozy :

[… Libération maintient ses informations publiées hier : deux hauts fonctionnaires, l’un au ministère de la Justice, l’autre au Quai d’Orsay, ont appelé le bureau du procureur de New York le lendemain de l’arrestation de DSK. Des «informations»ont été livrées sur l’implication éventuelle du futur candidat PS dans une affaire d’agression sexuelle et dans «un dossier de prostitution dans le nord de la France». Ces révélations confirment d’abord que les frasques de DSK – décidément très surveillé – n’étaient d’aucun secret pour le sommet de l’Etat. Plus encore, elles mettent une fois encore en lumière l’extrême confusion des pouvoirs judiciaire et exécutif. L’Etat semble s’être comporté comme une vulgaire balance, prêt à utiliser des rapports de basse police à des fins politiques. S’affranchissant au passage de toutes les règles de droit et de la diplomatie qui régissent en principe les relations entre deux pays. C’est précisément la définition d’un Etat partisan qui s’estime au-dessus des lois. …]

Qui pourrait avoir des informations de ce type à divulguer, à part la DCRI ?

Pour finir, on peut accuser le président Hollande de « naïveté », mais on ne peut pas l’accuser d’avoir su pour Cahuzac, car sous sa présidence la justice a pu travailler en pleine indépendance et en totale liberté.

Or, ce ne fut pas le cas sous la présidence de M. Sarkozy, dont l’affaire Bettencourt a bien failli être enterrée.

En outre, le premier secrétaire du parti socialiste, Harlem Désir, demande à l’exécutif à ce qu’un référendum soit mis en place sur la « moralisation de la vie politique »

[… Nous devons organiser un véritable sursaut démocratique, remettre à plat tout ce qui doit l’être pour que les électeurs retrouvent confiance, a déclaré Harlem Désir devant environ 200 nouveaux adhérents venus à sa rencontre.

Je crois que les Français peuvent être saisis pour nous permettre d’aller jusqu’au bout, a-t-il ajouté en évoquant la possibilité d’organiser un référendum sur des sujets tels que le « non-cumul des mandats », le « contrôle du patrimoine des élus », ou encore l’incompatibilité entre des tâches de lobbying et la fonction d’élu. …]

Dans la même lignée du président du MoDem, François Bayrou, qui souhaite lui aussi un référendum. « Il a lancé mercredi une pétition dans le but d’obtenir une loi de moralisation de la vie publique ».

Et vous, souhaitez-vous vous exprimer à un référendum ?

Posez-vous aussi la question, pourquoi l’opposition n’en veut pas de ce référendum ?…


Sondage sur Facebook : souhaitez-vous le retour de DSK en politique ?

Retrouvez aussi cet article sur mon autre blog au Nouvel Obs.

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Publié dans Actualité, DSK, Politique

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