Coupe du monde : le Qatar, l’autre pays de l’esclavagisme !


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« Lorsque l’homme s’habitue à voir les autres porter les chaînes de l’esclavage, c’est qu’il accepte lui-même un jour de les porter. » d’Abraham Lincoln

 

Doit-on tolérer et fermer les yeux sur des êtres humains réduits à l’esclavage pour satisfaire l’appétit financier des prestataires et sous-traitants, et celui des fans du ballon rond ?

Le Qatar organise la Coupe du monde en 2022 et des milliers de migrants, notamment des Népalais, ont immigré en masse pour y travailler. Mais les conditions de travail, de salaire et de logement montrent qu’ils sont surtout victimes d’un l’esclavagisme dit moderne.

C’est une enquête du journal The Gardian qui a jeté le trouble sur les pratiques faites autour des multiples chantiers engagés au Qatar.

L’enquête révèle, en effet, qu' »au cours des dernières semaines, des dizaines de travailleurs migrants Népalais ont trouvé la mort (…) et que des milliers d’autres sont victimes d’abus, en particulier par des conditions de travail épouvantables ».

Selon l’enquête du The Gardian, les ouvriers étrangers seraient forcés à travailler sous des fortes températures, 50°. Alors qu’elle est gratuite, l’eau potable leur serait tout bonnement refusée. Globalement, les conditions de travail définies par les normes internationales en matière du droit des travailleurs sont exécrables et inhumaines.

Mais il n’y a pas que les conditions de travail qui sont bafouées. S’ajoute à cela des conditions sanitaires déplorables. Certains de ces ouvriers sont contraints à partager une chambre d’hôtel insalubre avec 12 personnes, infectée de blattes et autres microbes.

En outre, ces migrants sont contraints de contracter des prêts pour se rendre au Qatar, à des taux d’emprunt exorbitants, 36% en moyenne. De plus, ils ne sont payés par les donneurs d’ordre avec des mois de retard, si ils sont payés. Certains d’entre eux voient leurs salaires retenus pour les empêcher de fuir et leurs passeports ou pièces d’identité confisqués.

Depuis cet été, le journal dénonce dans son enquête que « le taux de décès serait égal à une personne morte par jour, dont de nombreux jeunes hommes, victimes » notamment de « crise cardiaque soudaine ».

Une jeune Népalais de 27 ans, Ram Kumar Mahara, témoigne au journal qu’il n’a pas été nourri pendant vingt-quatre heures, après douze heures et une nuit entière de travail : « Quand je me suis plaint, mon chef m’a chassé du camp de travail. J’ai dû mendier la nourriture des autres travailleurs parce qu’il refusait de me payer. »

D’autre part, un jeune adolescent de 16 ans à trouver la mort et son corps n’a été renvoyé à sa famille que six semaines après.

D’après l’ambassadeur népalais à Doha, capitale du Qatar, « le Qatar est une prison à ciel ouvert ».

Mais le journal apporte aussi des preuves sur des milliers de Népalais réduits à l’esclavagisme, « l’exploitation et les abus équivaut à l’esclavagisme moderne, tels que les définis l’Organisation internationale du Travail ».

[… Selon Aidan McQuaid, directeur de « Anti-Slavery International », les documents publiés par The Guardian jeudi « laissent indiquer du travail forcé, et ça a même l’air d’aller au-delà ». « Ce n’est pas vraiment un secret, mais il n’y a pas d’effort concerté de la part des autorités qatariennes pour y mettre fin », a expliqué M. McQuaid à l’AFP. …]

L’organisme qatarien chargé d’organiser la Coupe du monde, le Comité suprême Qatar 2022, s’est dit « profondément préoccupé par ces allégations visant certains prestataires et sous-traitants du site de construction de Lusail City et considère la question avec le plus grand sérieux ».

[… Comme tous ceux qui ont vu les photos et lu l’article (du Guardian), nous sommes choqués », a ajouté le Comité organisateur de la compétition. « Il n’y a aucune excuse pour que les ouvriers soient traités ainsi au Qatar ou ailleurs… La santé, la sécurité et le bien-être de tous ceux qui travaillent à la préparation de la Coupe du monde 2022 sont de la plus haute importance pour le Comité d’organisation. Le tournoi doit aider à l’amélioration de la vie des travailleurs au Qatar. …]

La FIFA s’est aussi exprimée sur ces états de fait. Selon son porte-parole, la FIFA va « entrer en contact avec les autorités du Qatar, et la question sera également discutée lors de la réunion du comité exécutif sur le point Coupe du monde 2022 au Qatar les 3 et 4 octobre 2013 à Zurich ».

Or, le Comité suprême Qatar 2022 et ainsi que la FIFA ne peuvent feindre la surprise, car ces abus sont légion et connus de tous depuis que les constructions ont débuté au Qatar.

Le Qatar, lui-même, ne peut feindre la surprise. En effet, nombreux sont les travailleurs étrangers témoignant d’abus sur les conditions de travail, voire d’esclavagisme.

Le témoignage de Theresa M. Dantes, 29 ans, est révélateur de la mentalité et des pratiques des patrons qataris.

En 2012, elle signe un contrat de travail avec une agence de recrutement des Philippines pour venir travailler au Qatar comme domestique. Elle devait être logée, nourrie et payée 400 dollars par mois, soit 305 euros. Cependant, à son arrivée, son employeur l’informe qu’il ne lui versera que 250 dollars (190 euros).

[… Elle affirme qu’elle ne prenait qu’un repas par jour, composé des restes du déjeuner familial. « S’il ne restait rien, alors je ne mangeais pas. » Elle travaillait sept jours par semaine. Une fois son labeur terminé dans la maison de son employeur, on la forçait à nettoyer celle de sa belle-mère puis celle de sa sœur. Huit mois après son arrivée, Theresa Dantes a voulu partir. Son patron lui a ri au nez : « Tu ne peux pas démissionner ! » …]

Il y a environ 1,2 million de travailleurs étrangers au Qatar, en majorité des personnes pauvres originaires d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Népal, d’Indonésie et des Philippines.

Ces personnes représenteraient 94 % de la main-d’œuvre au Qatar. Et une majorité de ces migrants, pas seulement sur les chantiers de la Coupe du monde, travailleraient dans des conditions dignes du Moyen Age.

Pour l’ONG, Human Rights Watch, a déjà comparé ces conditions de travail au « travail forcé ».

[… En moyenne, un foyer qatari emploie trois personnes. Environ 95 % des familles ont une domestique et plus de 50 % en ont au moins deux. Un sondage réalisé récemment par l’institut de recherche a révélé que près de 90 % des Qataris ne souhaitent pas que la kafala soit assouplie, et 30 % des personnes interrogées ont même déclaré qu’elles souhaitaient un renforcement des droits de l’employeur. …]


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