L’évolution de la Terre, des espèces et de l’homme : l’extinction du crétacé


Purgatorius & tyrannosaure

« La mort ne marchande pas » August Strindberg

 

Cet article sur l’évolution de la Terre, des espèces et de l’homme s’appuie sur le documentaire, « Animal Armageddon : la terreur des dinosaures ». (que vous pouvez visionner en trois épisodes : 123)

Bien que l’évolution de la Terre, des espèces et de l’homme soit un sujet controversé dans le monde scientifique… mais grâce à la recherche, par exemple, des fossiles (Paléontologie), qui permet non seulement la reconstruction des êtres ayant vécu dans le passé, mais aussi de comprendre son histoire…

Bref grâce aux diverses recherches et analyses scientifiques, tous s’accordent à reconnaître que notre planète a vécu et à de nombreuses reprises des catastrophes et qui ont entraîné de façon inévitable des bouleversements climatiques et écologiques majeurs. Les premières victimes de ces catastrophes sont les êtres vivants, à l’occurrence les espèces animales et végétales. En effet, nombreuses d’entre elles ont disparu de la surface de la terre.

Et pourtant, à chaque fois que la disparition d’une ou plusieurs espèces semblait inévitable et bien que leur habitat et leur environnement s’en sont trouvé profondément bouleverser. Certaines d’entre elles ont fait preuve d’une résistance inattendue et d’une adaptation remarquable en survivant. Alors que d’autres, pour X raisons, n’ont pas eu cette capacité d’adaptation et ont été condamnées à disparaître.

Tout ceci nous le devons à la recherche scientifique et bien que celle-ci a édifié des certitudes en démontrant ou montrant des évidences sur l’évolution, elle n’est pas pour autant dogmatique ou renfermée sur elle-même.

Lorsqu’un élément est découvert et que son étude permet de conclure un chapitre. Ce chapitre n’est pas pour autant clos. Car d’autres découvertes sont à venir et elles pourraient d’un revers de main balayer toutes ces certitudes… c’est pour cela que les recherches scientifiques ne sont jamais terminées et que le livre de l’histoire de notre planète est bien loin d’être achevé.

On dénombre sur notre planète plusieurs épisodes majeurs ayant entraîné des extinctions massives d’espèces animales et végétales.

  • Le premier épisode catastrophique est situé lors de la période de la fin ordovicienne et du début silurien, il y a 440 millions d’années. Cette catastrophe causa une extinction massive des espèces. Selon les scientifiques, cette catastrophe serait due à une étoile, qui en explosant à 6 mille années de lumières de la Terre se transforma en une super nova. A cause de ses puissants rayons gammas, l’écosystème fût bouleversé et firent disparaître pas moins d’un million d’espèces animales et végétales.
  • L’épisode suivant fut aussi dramatique pour les habitants de la Terre. Il y a 377 millions d’années au cours de la période du Dévonien, une éruption volcanique sous-marine a causé la disparition de 70 % des espèces animales et végétales, non pas brutalement, mais en une série d’extinction se déroulant sur une période d’environ 3 millions d’années.
  • Puis l’épisode de la fin de l’ère du Permien et du début du Trias a été tout aussi dramatique. Au cours de cette période, une autre éruption volcanique a provoqué la disparition de 70 à 90 % d’espèces aquatiques et terrestres.
  • Et enfin l’épisode de l’ère du Mésozoïque, il y a 200 millions d’années, où une gigantesque éruption volcanique qui s’est déroulée sur une période d’environ 600 000 mille ans fit disparaître de nombreuses espèces animales et végétales. En outre, cette période annonce le tout début du règne des dinosaures.

Une autre catastrophe va marquer la planète Terre vers la fin de l’ère mésozoïque et le début du cénozoïque (Voir l’échelle des temps géologiques), que les scientifiques nomment l’extinction K-T, au cours de laquelle le règne des dinosaures prendra fin tragiquement. Celui-ci avait pourtant duré 165 millions d’années.

« L’extinction K-T (extinction Crétacé-Tertiaire) est associée à une signature géologique connue sous le nom de limite K-T, habituellement une couche mince d’argile présentant un taux anormal d’Iridium que l’on retrouve dans diverses régions du monde. K est l’abréviation traditionnelle pour la période du crétacé (dérivé du nom allemand Kreidezeit), et T est l’abréviation du tertiaire, terme historique qui désigne la période maintenant couverte par les périodes paléogène et néogène. »

C’est le début de la période géologique du Crétacé. Il y a plus de 165 millions d’années que les dinosaures règnent en maîtres sur la Terre. Ces majestueux animaux vont pourtant vivre les dernières 24 heures les plus terribles qu’ils n’auront jamais connu.

En effet, Il y a 65 millions d’années, la Terre a été percutée de plein fouet par un astéroïde de 10 km de diamètre, dans l’actuelle péninsule du Yucatan, au large du Mexique. 20 millions de mégatonnes d’énergie ont été libérés, ébranlant la planète, formant des raz-de-marée géants, déversant sur la surface du globe une pluie de météorites. Et cela en seulement 24 heures.

Pour les scientifiques, « l’impact n’a pas tué tous les animaux le premier jour, mais il a semé les graines responsables de leur disparition, un peu comme dans un champ de mines. Pendant un an, des animaux chaque jour plus nombreux vont marcher sur ses mines et mourir des conséquences de la chaleur, des pluies acides, de l’obscurité, de la famine, de la maladie… »

– 3 jours avant extinction

idaDans seulement 3 jours, un astéroïde de 10 km de diamètre entrera en collision avec la Terre à la vitesse de 40 mille km/h. Imaginez une telle catastrophe si la même chose devrait se produire aujourd’hui, ça sera certainement la fin de notre civilisation.

Les dinosaures sont les plus imposantes créatures que la Terre ait jamais abritées et ils sont présents sur tous les continents. Prédateur ou proie, ils sont d’une exceptionnelle diversité.

Le Dr Peter Ward de l’Université de Washington explique que « si on pouvait remonter le temps et survoler la Terre à cette époque, on verrait des dinosaures sur des kilomètres et des kilomètres. »

En Amérique du nord, ces dinosaures sont chassés par le plus redoutable de tous, le tyrannosaure.

pterod10Dans le ciel du Mexique, des ptérosaures géants, appelaient quetzalcoaltus, volent majestueusement. Plus loin au large des côtes européennes, des reptiles marins traquent des ammonites, des coquillages de la taille d’une roue de tracteur.

« Les dinosaures proliféraient, d’énormes spécimens occupaient tous les continents. Ils étaient très nombreux aux Tropiques et on a même retrouvé leur trace dans l’Arctique », explique le Dr Peter Sheehan du musée de Milwaukee.

Aucune créature ne peut ébranler la suprématie des dinosaures et encore moins notre très lointain ancêtre, ce minuscule mammifère appeler purgatorius, réfugié dans son terrier.

huanrelCette petite bête est un proto-primate, l’ancêtre des primates d’aujourd’hui. A première vue, le purgatorius ressemble à un petit rongeur, mais ses dents son plus proche de celle d’un homme que de celle d’une souris. Les scientifiques pensent que le purgatorius a contribué à la naissance des primates modernes, il serait le cousin primitif des singes, et donc des hommes.

On aurait tendance à croire que durant le règne des dinosaures vivaient uniquement des dinosaures, on se trompe lourdement. Car selon les scientifiques, les dinosaures et les mammifères sont apparus sur Terre à peu près à la même époque. Ce qui veut dire que pendant 165 millions d’années, lors du règne des dinosaures, on rencontrait aussi des mammifères. Mais pour une raison mystérieuse, eux, ils étaient tout petit. Alors que le plus petit des dinosaures mesurait environ 1m20, de la tête à la queue, les mammifères n’étaient pas plus grands qu’une souris.

Mais l’équilibre des pouvoirs est sur le point de basculer à jamais au cours de l’extinction du crétacé que la communauté scientifique surnomme : extinction K-T.

« L’extinction K-T a été le pire moment de l’histoire de la planète », explique le Dr Ward. « Ce jour-là, un monde peuplait de millions d’espèces animales à brusquement prit fin ».

D’après la théorie la plus répandue, l’extinction aurait été provoquée par un impact d’un gigantesque astéroïde. La ceinture d’astéroïde, une région située entre les orbites de Mars et de Jupiter, abrite ces objets célestes par milliers.

Or, la taille de cet astéroïde dépasse l’entendement. Celui-ci atteindrait une dizaine de kilomètres de long. Selon de récentes études, ce ne serait qu’un fragment né de la collision de deux autres astéroïdes bien plus gros encore. D’après ces études, l’astéroïde serait une masse de glace et de roche de la taille et peut-être de la forme du mont Everest.

Les dinosaures vivent leurs derniers jours sur Terre.

– 24 heures avant extinction

Dans 24 heures l’extinction commencera.

hadrosaureEn Alaska, des hadrosaures, appeler dinosaure à bec de canard, mangent tranquillement dans une forêt luxuriante, sans se douter du sort qui les attend.

Cet animal géant est long comme trois voitures et haut comme deux hommes. Il se sert de son bec comme d’une pince pour atteindre les hautes branches. Au fond de son bec, mille six cents petites dents pointues broient les aiguilles de pin, afin de faciliter sa digestion. Grâce à des poches d’air à l’intérieur de ses narines, il produit des mugissements lugubres dignes d’un basson.

La forme de la tête de ces dinosaures, ainsi que leurs comportements de groupe, sont le signe d’une interaction sociale très forte entre les individus. Les plus proches parents des dinosaures, les oiseux possèdent ces mêmes caractéristiques profondément ancrées dans leurs comportements.

Cependant, ces monstres affamés sont trop occupés pour remarquer une petite lueur scintillante traversée le ciel. C’est un fragment d’un astéroïde.

Soudain le groupe d’hadrosaures s’enfuit, pris de panique, piétinant tout sur son passage.

« Ca devait être absolument terrifiant, s’imagine le Dr Fastovsky, les animaux sont devenus fous et leur instinct de groupe s’est réveillé. Bien sûr, ils ont dû faire beaucoup de dégâts pendant la panique ».

Et ceci n’est qu’un simple fragment. La violence de l’astéroïde est insondable. Personne ne sait si les dinosaures ont senti que la fin était proche. Quand bien même ils auraient été impuissants.

– 12 heures avant extinction

troodonC’est une journée comme les autres en Amérique du nord il y a 65 millions d’années, dans l’actuel Montana. Les dinosaures, peuplant cette région, ignorent qu’un fragment d’astéroïde s’est écrasé en Alaska. Deux troödons sont en chasse, ils traquent un jeune hadrosaure.

Le troödon est petit, mais féroce, et n’a pas peur de s’attaquer à plus grand que lui. Il ne mesure que 90 cm de haut, mais il est d’une remarquable intelligence. Il chassait probablement en meute comme les loups et possédait un ergot bien aiguisé qui lui permettait d’éviscérer ses proies.

Tandis que le troödon commence son repas, un tyrannosaure sort de la forêt. La bête gigantesque dépasse les 12 mètres de long et pèse plus lourd qu’un éléphant d’Afrique, soit environ 7 tonnes.

Aujourd’hui les plus gros prédateurs sont les lions ou les tigres. ils sont minuscules comparer au tyrannosaure. La gueule du tyrannosaure à pour unique fonction de tuer et dévorer ses proies. Ses mâchoires enserrent ses victimes avec une telle puissance qu’elles broient sans mal les chairs et les os.

« Le tyrannosaure était en quelque sorte un hachoir vivant, sa gueule était en forme de U et ses dents de devant étaient plates sur le dessus pour lui permettre de découper de gros morceaux de viande », explique le scientifique, Matthew Wedel, de l’Université des Sciences de la Santé en Californie.

Comme il ne peut pas mastiquer, il avale sa proie et peut engloutir jusqu’à 70 kg de viande en une seule bouchée. Mais sa férocité ne lui suffira pas à le sauver du cataclysme qui se prépare.

La plupart des informations concernant le tyrannosaure et les autres dinosaures nord-américains viennent d’une même région, appeler la formation Dell Creek. Aujourd’hui c’est une zone reculée au fin fond des Badlands du Montana et du Dakota. Au crétacé, c’était une gigantesque plaine alluviale peuplée de dinosaures.

« Pendant 3 millions d’années, les cours d’eau ont déposé des sédiments au cours des grandes inondations. De l’argile et de la boue se sont formées autour de ces dépôts. Ce qu’on voit aujourd’hui, ce sont les couches qui ont été déposées pendant ces deux ou trois millions d’années en superposition jusqu’en haut. Les dinosaures et les plantes proliférés ici au temps du crétacé », explique un scientifique.

Le tyrannosaure est le roi Dell Creek. Depuis plusieurs jours, le sommeil des animaux est perturbé par le rayonnement constant d’une étrange étoile dans le ciel. C’est le seul indice qui laisse présager que le monde tel que les dinosaures le connaissent depuis 165 millions d’années, disparaîtra bientôt à jamais. La fin du règne des dinosaures est proche, un astéroïde de plusieurs milliards de tonnes, composé de roches et de glace, est sur le point d’entrer en collision avec la terre à 40 000 km/h.

« On peut établir par toutes les formules mathématiques possibles, que tel ou tel scénario s’est produit. Mais l’ampleur réelle du désastre dépasse de très loin l’expérience humaine, » précise le Dr Ward.

– 5 heures avant extinction

Le royaume des dinosaures n’a plus que cinq heures à vivre. Et c’est ici que la mort frappera, au beau milieu de l’océan, dans l’actuelle péninsule du Yucatan au Mexique. La mer et son univers aquatique foisonnant seront les premières victimes.

« Si on avait eu la chance de plonger à cette époque, on n’aurait pas vu du tout les mêmes poissons qu’aujourd’hui, on aurait vu des bancs entiers d’ammonites, ces magnifiques céphalopodes qui ressemblent à des pieuvres à coquille, un peu comme le nautile d’aujourd’hui. Ils se promenaient par bancs entiers, on aurait vu aussi de nombreux poissons et des reptiles marins, » indique le Dr Ward.

mosasaureLe spécimen le plus redouté est le mosasaure.

Ce prédateur vorace, mesure presque 15 m de long. Il possède un flair excellent qui lui permet de suivre sa proie à la trace.

« On ne peut pas vraiment dire que les mers de la fin du crétacé étaient plus dangereuses que celles d’aujourd’hui. Mais un animal comme le mosasaure devait être un formidable prédateur à la hauteur du grand requin blanc ou du grand épaulard. Je n’aurais pas aimé être le phoque qui servait de déjeuner à cet animal, » explique le Dr Fastovsky.

Le mosasaure préfère de loin les ammonites. Mais aujourd’hui il doit faire vite. Dès l’instant où l’astéroïde apparaîtra dans le ciel au-dessus de lui, il n’aura que quelques secondes pour finir son repas.

deinosuchus-largeLe long d’une côte non loin de là, ces deinosuchus n’ont plus que quelques secondes à vivre. Ce crocodile de mer géant mesure 12 m de long. L’impact est imminent.

– 10 secondes avant extinction

En quelques secondes l’astéroïde s’écrase, des milliards de tonnes d’astéroïdes sont littéralement pulvérisées.Yucatan

« On parle d’un objet lancé à plusieurs kilomètres par seconde. En se détériorant sous forme de vapeur, cet astéroïde se transformait en véritable bombe », explique un scientifique.

En s’écrasant sur Terre, l’astéroïde devient météorite, et forme un cratère de 50 km de profondeur. L’énergie libérée est si phénoménale que la roche de la croûte terrestre se comporte comme un élément liquide. Le même phénomène se produit lorsqu’on lance un caillou dans une mare.

L’énergie libérée par l’astéroïde se mesure en centaines de millions de mégatonnes. Notons qu’une bombe à hydrogène de taille moyenne libère 1 mégatonne d’énergie, alors imaginez 100 millions de bombes à hydrogène, c’est absolument colossal.

L’impact se voit même de la Lune.

« On parle d’une catastrophe bien supérieure à tous ce qu’Hollywood n’a jamais pu imaginer, » ironise le Dr Peter Ward.

En une fraction de seconde, toute l’eau dans un rayon de 60 km se transforme en vapeur, tuant instantanément des millions d’animaux.

Les animaux qui se trouvaient à une dizaine de kilomètres du point d’impact n’ont même pas eu le temps de sentir quoi que ce soit. En effet, l’onde de choc les a frappés à une vitesse bien supérieure au temps de réaction de cellules nerveuses. Ces animaux ont disparu en un clin d’œil.

Pour eux, la mort fut douce. On suppose que dans un rayon de 400 km autour du cratère, chaque être vivant est mort très rapidement. A proximité directe de ce périmètre, les animaux n’aperçoivent qu’un éclair de lumière.

+ 3 secondes après extinction

ondechoc2Trois secondes après l’impact, un nuage bouillant de roches vaporisées avance sur l’océan à une vitesse supersonique. C’est l’onde de choc.

Les côtes de l’actuel Texas ne sont qu’à deux minutes de là, elles communiquent avec tout le continent nord-américain. Les forces tectoniques, l’érosion et bien d’autres processus naturel, ont radicalement changé l’aspect de la Terre depuis l’époque des dinosaures. Comment les scientifiques peuvent-ils affirmer qu’une météorite a percuté notre planète il y a si longtemps ?

La réponse repose sur les travaux de deux chercheurs, un père et son fils, Luis et Walter Alvarez. À la fin des années 1970, ils ont découvert la trace d’un élément chimique très rare, l’iridium, dans une couche de sédiments datant de 65 millions d’années. Déterminer la source de l’iridium était un véritable casse-tête géologique.

La question, que se posait le monde scientifique, était d’où vient cet iridium ? Or, il n’y en a pas à la surface de la terre. Ca veut dire que cette couche contient les restes d’un astéroïde venu de l’espace. Lorsqu’on regarde cette couche, on regarde en fait l’iridium de l’astéroïde qui est entré en collision avec la terre il y a 65 millions d’années.

L’impact a été confirmé en 1990, lorsque les traces d’un gigantesque cratère ont été découvertes dans la péninsule du Yucatan. Une série d’investigations a suivi. Pour les scientifiques capables de la décoder, la couche d’impact détient le mystère des derniers jours des dinosaures. La collision de l’astéroïde a marqué le début des pires 24 heures de l’histoire de la vie sur Terre.

Quelques secondes après l’impact, une onde de choc dégageant une chaleur phénoménale traverse l’océan.

Pour les scientifiques, « tout ce qui se trouvait sur son passage s’est évaporé, non pas broyé ni fondu, mais changé en vapeur. Une partie de la Terre elle-même a été réduite en l’état de vapeur ».

A une vitesse supersonique, l’onde de choc prend la direction du nord-ouest. En raison de l’angle d’impact, elle fonce droit sur les côtes américaines. C’était comme si un train de marchandises percutait de front les dinosaures.

+ 3 minutes après extinction

Trois minutes après l’impact, les animaux du Texas ne remarquent aucune manifestation anormale.

Les hadrosaures qui mangent paisiblement, n’auront probablement qu’un bref instant pour s’inquiéter du ciel rougeoyant et du grondement lointain avant d’être réduit en cendres.

Plus loin dans les terres, les quetzalcoaltus règnent sur les cieux depuis des millénaires.

C’étaient des oiseaux extraordinaires qui possédaient une envergure de 14 mètres. A titre de comparaison, celle d’un avion biplace classique est de 11 mètres. Est-ce que les quetzalcoaltus avaient besoin d’une piste d’atterrissage ? D’où décollaient-ils ? Où vivaient-ils ? Toutes ces questions sont encore sans réponse et malheureusement leurs fossiles sont assez pauvres car leurs os étaient très fragiles.

Certains oiseaux qui vivent aujourd’hui peuvent nous permettre d’en savoir plus sur ce dinosaure. Et ceux qui possèdent les mêmes caractéristiques sont les cigognes. La plupart d’entre elles, alors qu’elles volent très bien, chassent majoritairement sur Terre. Ces ptérosaures ressemblaient à des cigognes de 5 ou 6 mètres de haut, de la taille d’une girafe, ils devaient repérer du ciel toutes sorte de petits mammifères y compris des bébés dinosaures.

Mais il n’y aura pas de chasse aujourd’hui, car l’onde de choc balaye tout sur son passage. Les conséquences de l’impact sont inéluctables. Même le tout-puissant tyrannosaure, incapable de s’abriter, n’y résistera pas. Seuls ont survécu les animaux qui étaient cachés dans des grottes ou à flanc de colline. Réfugiés en lieux sûr ils regardent s’effondrer leur univers.

On imagine sans mal que les animaux furent désorientés, certains ont dû même être tués par la violence de l’onde de choc et les autres devaient errer désespérément sans savoir quoi faire. Les incendies se déclarent un peu partout.

L’onde de choc rase toute l’Amérique du Nord continentale qui se transforme en un brasier géant. C’est une terre meurtrie, brisée et carbonisée. La nature frappe indifféremment les proies et les prédateurs, les parents et leurs petits. Un curieux mammifère pointe la tête hors de son terrier pour faire un état des lieux. Il s’agit de notre ancêtre, le purgatorius. Il s’aventure à l’extérieur, l’avenir de l’humanité est encore possible grâce à ce petit animal resté en vie à l’abri de son terrier.

Pour les scientifiques, « c’est le contraire du dicton, on peut se cacher mais on ne peut pas fuir. Il fallait se cacher, trouver un abri, c’était impossible pour les dinosaures terrestres qui ne savaient ni creuser ni nager. Il n’y avait aucun refuge pour eux ».

+ 10 minutes après extinction

Dix minutes après l’impact, l’onde de choc se dissipe. Elle a libéré toute son énergie avant d’atteindre le Canada. Certains animaux ignorent encore ce qui vient de se passer.

triceratopsPour ces tricératops, c’est un jour comme les autres.

Le tricératops est un dinosaure de légende, il mesure 8 à 9 mètres de long, plus de 3 mètres de haut, et peut peser jusqu’à 8 tonnes. Sa collerette osseuse ressemble à un bouclier, mais on pense qu’elle lui servait surtout lors des rituels de parade nuptiale.

« Les tricératops et autres dinosaures à cornes, étaient des animaux très sociables, comme des antilopes dans les plaines africaines d’aujourd’hui, d’après les scientifiques. Imaginez un troupeau géant, sauf qu’il ne s’agit pas d’antilopes de 500 kilos, mais de bêtes de 4 à 5 tonnes par centaines, par milliers, adultes et petits confondus. Les adultes devaient certainement protéger les plus jeunes ».

Soudain, un grondement lointain se fait entendre, la terre tremble, c’est probablement le plus grand séisme que le monde ait connu depuis sa naissance.

« L’impact de la météorite a provoqué un séisme de magnitude 13. Des centaines de fois plus violentes que tous les séismes enregistrés. De quoi réduire en miettes tous les grattes-ciel des États-Unis jusqu’à la Chine, » explique le Dr Peter Sheehan.

« La secousse en elle-même a certainement mis tous les animaux à terre. Des fissures se sont ouvertes ici et là. Des dinosaures ont dû tomber dans des crevasses, mais ce n’est pas le tremblement de terre qui a fait le plus de victimes. Une série de cataclysmes va suivre, » précise le Dr Peter Ward.

Le séisme traverse la planète provoquant de gigantesques glissements de terrain jusqu’en Antarctique. Pour les animaux, le tremblement de terre est le premier indice que la fin du monde est venue.

+ 30 minutes après extinction

Trente minutes après l’impact, la planète est encore agitée par les secousses du tremblement de terre, et les répliques dureront plusieurs jours. Certains animaux s’accrochent à la vie, mais la catastrophe prend une toute nouvelle dimension. Un tsunami géant est en route.

En effet, un gigantesque mur d’eau de la taille d’une chaîne de montagnes s’avance inexorablement vers les côtes. Les pires 24 heures de l’histoire du monde ne sont pas encore terminées. Après avoir percuté la terre 150 fois plus vite qu’un avion de chasse, l’astéroïde continu de déclencher des cataclysmes en chaîne. Une onde de choc de roches vaporisées à brûler toute la région continentale des États-Unis. Et les répliques d’un séisme de magnitude 13 secouent encore la croûte terrestre.

+ 45 minutes après extinction

Quarante-cinq minutes après l’impact, pour les animaux éloignés de la zone de collision en Afrique, en Asie, en Europe ou en Antarctique, la vie poursuit son cours. Mais ceux qui vivent non loin des côtes, verront bientôt la mort approchée.

L’océan s’est soulevé sous la violence du choc et le gigantesque tsunami se rapproche.

Le monde scientifique explique que « les raz-de-marée s’éloignaient du point d’impact de façon concentrique ». On peut très bien s’imaginer « qu’il y en avait plus d’un et qu’ils avançaient d’une manière phénoménale ».

Le tsunami géant traverse l’Atlantique à 1000 km/h. Sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, les dinosaures se remettent à peine du tremblement de terre, quand soudain la mer se retire.

« On devait apercevoir une ligne noire à l’horizon », s’imagine un scientifique. « C’était la vague du tsunami qui s’approchait de plus en plus, qui grandissait. Un tsunami emporte tout sur son passage, des animaux, des arbres, des débris… puis, il les brasse violemment avant de les éparpiller dans le paysage. Le tsunami qui a eu lieu en Asie il y a quelques d’années n’avaient que quelques mètres d’amplitude. Là, on parle de plusieurs centaines de mètres ».

Le tsunami géant balaie le globe, aucune côte n’est épargnée. Même les créatures aquatiques telles que le gigantesque mosasaure, sont happées par le courant, avant d’être rejetées sur le rivage. Elles se débattent quelques instants mais leur mort est inévitable.

Près du point d’impact, sur la côte du Golf des États-Unis actuels, la vague a complètement submergé les basses terres. Les creux provoqués en 2005 par l’ouragan Katrina, atteignaient environ 8 mètres de hauteur. Ceux-ci mesurent plus de 300 mètres. Si un tel raz-de-marée se produisait aujourd’hui, de nombreuses villes côtières disparaîtraient sous les eaux.

La vague se retire avec assez de force pour creuser un tout nouveau paysage géologique. De nouvelles collines, vallées et canyons, sur lesquels sont jonchées de cadavres d’animaux. Puis la vague continue de se retirer en portant au large des millions de cadavres.

« J’imagine ses pauvres dinosaures noyés, emportés par la mer, flottant tout d’abord à la surface, puis coulant tout doucement au fond de l’océan. Il devait pleuvoir des dinosaures, littéralement, comme des pétales de fleurs. Une fois de plus, rien dans l’histoire du monde ne peut être comparé à un tel spectacle, » explique le Dr Peter Ward.

+ 5 heures après extinction

ciel2Cinq heures après l’impact, la colère de l’océan s’apaise enfin. Quand les éléments se déchaînent, les survivants ne sont pas toujours ceux que l’on attend.

Aux quatre coins du globe, de petits groupes de rescapés se fraient un chemin parmi les décombres. Mais un nouveau cataclysme les menace… le ciel leur tombe sur la tête.

La Terre vient de subir un séisme et un tsunami géant. Mais l’effet le plus destructeur de l’impact, ce sont les millions de tonnes de rochers propulsés dans l’espace par l’énorme explosion.

En effet, toute la roche du cratère de 200 km de diamètre a été projetée dans l’atmosphère, des blocs de la taille d’un point ou d’une maison. Les plus petits ont été envoyés en orbite, avant de redescendre droit sur la planète sous forme de météorites. Des morceaux entiers de la croûte terrestre ont retraversé l’atmosphère. C’est la plus grande pluie de météorites de tous les temps.

Ce phénomène dure plusieurs heures, le ciel se transforme en brasier.

D’après les scientifiques, « la couche supérieure de l’atmosphère a été maintenue à une température de 500 ou 600 degrés pendant trois heures, soit une température supérieure à celle d’un four ».

+ 6 heures après extinction

protoceratops2Six heures après l’impact, il règne un calme étonnant dans les plaines arides de Mongolie. La pluie de feux n’a pas encore frappé.

Le cousin du troödon nord-américain, un petit carnivore appelé bienosaurus, chasse parmi les troupeaux de protoceratops.

Le protoceratops ressemble beaucoup au célèbre tricératops. Mais ses mâchoires sont adaptées à la végétation dont il se nourrit.

L’étude du protoceratops montre qu’il avait un grand bec pour attraper les plantes, des dents aiguisées de part et d’autre des mâchoires pour mastiquer, et des joues pour stocker la nourriture pendant qu’il mâchait. Donc c’était déjà un herbivore très efficace.

Mais le protoceratops n’est pas conçu pour le combat et dans cet univers cruel, c’est un défaut de taille.

La chasse est rapidement interrompue par la pluie de météorites qui consume tout sur son passage. A cette distance du point d’impact, les météorites sont plus petites. Aussi incroyable que cela puisse paraître, elles ne sont pas plus grosses qu’un grain de sable.

La recherche scientifique a démontré que le fond de l’Atlantique est tapissé de perles de verre, par lits entiers, car en traversant l’atmosphère, la roche fondue s’est transformée en verre ou en verre fondu.

+ 7 heures après extinction

Sept heures après l’impact, la planète entière est en flammes.

L’apocalypse frappe au hasard ces créatures vulnérables qui n’ont pas été préparées à un tel cataclysme. Elles ne peuvent se fier qu’à leur instinct, et leur instinct leur dit de fuir.

Dans le ciel du Canada, deux quetzalcoaltus sont pris dans la tempête de feu. Ces oiseaux immenses ont nulle part où se réfugier et sont lapidés par les roches enflammées. La température à la surface du globe grimpe en quelques heures. La chaleur est insupportable. Il fait si chaud que les rivières se mettent à bouillir. Partout, des incendies se déclarent, consumant les morts et les mourants. En tout, 20 millions de mégatonnes d’énergie cinétiques dévastent la planète.

Si on divise 20 millions de mégatonnes par la superficie de la terre, on obtient 1 mégatonne tous les 6 km, soit une bombe à hydrogène tous les 6 km en seulement quelques heures.

Comment certaines espèces ont-elles réussi à survivre à un tel cauchemar ?

+ 10 heures après extinction

Dix heures après l’impact, le monde est méconnaissable. Des milliards d’animaux ont péri dans un enchaînement incessant de catastrophe. Et pourtant, quelques spécimens résistent.

Le purgatorius se tapit sous terre, attendant la fin de la tempête. Pendant qu’en surface le monde des dinosaures s’écroule, notre ancêtre fait ce qu’il faut pour survivre, rester à l’abri, rationner la nourriture et surtout ne pas sortir. De son terrier, il a dû entendre les cris d’un monde agonisant.

Bientôt, les plus forts s’étendront et les plus faibles hériteront de la planète.

+ 14 heures après extinction

Quatorze heures après l’impact, la vie sur Terre est presque totalement exterminée.

La nuit tombe, une nuit dont les dinosaures ne sortiront pas vivants.

Dans la péninsule du Yucatan, le cratère formé par l’astéroïde est une caldeira fumante. Un cercle gigantesque de 200 km de diamètre la délimite. En quelques minutes des montagnes se sont dressées à 5 000 m d’altitude. Il faudra des milliers d’années pour que l’érosion les efface.

Parmi les débris, on retrouve du carbone cristallisé, de minuscules diamants qui témoignent de la chaleur phénoménale de l’impact.

Les scientifiques précisent que « cette série de cataclysmes a eu lieu à une échelle jamais vue, en 600 millions d’années, depuis la naissance de la vie multicellulaire et des animaux sur Terre. C’était absolument incroyable ».

Rien n’a survécu dans un rayon de 1 600 km. A 5 000 km quelques insectes et petits animaux sont encore en vie. Il faut parcourir 8 000 km pour rencontrer des survivants parmi les dinosaures. Il s’agit presque toujours de spécimens isolés. Les quelques rescapés errent dans un paysage apocalyptique d’arbres déracinés, d’éboulis et de brasiers.

Personne ne sait comment fonctionnait le cerveau des dinosaures, mais l’ampleur de la catastrophe dépassait de loin les limites de leur compréhension.

On ne peut pas imaginer la panique qui a dû régner après la collision. Les animaux se sont retrouvés plonger dans un véritable désordre sensoriel. C’était en vacarme épouvantable provoqué en partie par les événements physiques, mais aussi par les cris des animaux, hurlant de douleur et de peur, cherchant leurs partenaires, c’était le chaos.

Un seul jour à suffit à décider du sort des dinosaures. Les scientifiques ne peuvent affirmer à quelle vitesse ils se sont éteints. En quelques heures ? Quelques jours ? Quelques mois ? Ou quelques années ?

Les scientifiques s’accordent à dire que le monde des dinosaures s’est écroulé plus vite que ce qu’indiquent les sédiments. Mais, peu importe que les dinosaures aient disparu en un jour, un an, un siècle, ou un millénaire, l’important c’est de savoir qu’il est un changement fondamental de l’écosystème entre la fin du crétacé et le début du tertiaire.

Toutes vies nouvelles issues d’un univers hostile est une source d’émerveillement.

Après 165 millions d’années de règne, les dinosaures se sont éteints. Leurs os fossilisés sont l’unique témoignage de leur existence. Nous sommes les héritiers directs de leur déclin, car leur mort a ouvert la voie à nos lointains ancêtres. Peut-être y a-t-il une leçon à tirer de cette extinction brutale, rien n’est éternel. La nature peut du jour au lendemain éliminer les créatures les plus puissantes. Nul ne sait ce que nous réserve l’avenir.

« Si un cataclysme identique à celui qui a tué les dinosaures se profiler dans notre ciel, on pourrait arrêter un petit astéroïde mais pas un gros, en aucun cas, » conclut le Dr Peter Ward.  


Retrouvez aussi cet article sur mon autre blog au Nouvel Obs.

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Publié dans Sciences

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