Céline Pina : “La police de la vertu islamiste impose ses normes par la violence”


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“Ces agressions sont un message politique clair : nous tenons les lieux, nous sommes puissants et prêt à en découdre. Vous ne maintiendrez votre mode de vie qu’à vos risques et périls.” Tribune au Figaro de Céline Pina.

 

Je reviens sur l’agression à Toulon d’où le simple port du short a provoqué une agression violente par des jeunes hommes venant d’une cité, dimanche dernier.

Le procureur de la République à Toulon, Bernard Marchal, avait évoqué mercredi auprès de l’Agence France-Presse une agression sexiste déclenchée par une “provocation à caractère sexuel pour susciter la réaction des hommes”.

Une, des femmes victimes, s’est exprimée et revient sur l’agression qu’elle a subie, elle et sa famille. Elle affirme qu’elle et sa sœur ne portaient pas le short, mais des tenues sportives.

Néanmoins, même si le motif de l’agression n’était pas la tenue du short. En revanche, les insultes sexistes (insufflées par cette police de la vertu islamiste que dénonce Céline Pina) sont, elles, bien réelles, comme le rapporte l’une des deux sœurs.

« Nous étions en famille. Nous revenions de deux heures de balade en roller (pour les filles) et à vélo (pour les garçons). Au niveau d’un feu, un jeune m’a interpellée : ‘Mets-toi toute nue ! ‘ Je n’ai pas compris. Puis il s’est adressé à ma sœur : ‘Toi, t’es jolie  », décrit-elle. « Ma sœur était en jogging, et moi j’étais en leggings avec des chaussettes montantes, des genouillères, des coudières et une casquette. Pas de shorts », précise-t-elle. La situation dégénère assez vite : « Mon mari lui a indiqué de mieux nous parler. Que nous étions des madames. L’individu qui était avec d’autres jeunes en train de boire et de fumer des joints a répondu en narguant : ‘C’est pas des madames, mais des putes’. »

Les deux jeunes femmes sont alors bousculées et leurs compagnons sont tour à tour roués de coups en tentant de s’interposer. « Je voyais mon mari au sol. Inconscient. Les gars prenaient de l’élan avec les grillages pour continuer à le frapper. Mon beau-frère est intervenu pour s’interposer. Ils étaient une dizaine sur lui. À le frapper. On voyait sa tête partir dans tous les sens », décrit la jeune femme. « On s’est fait insulter, sauter dessus sans raison. (…) Mais une chose est certaine, je continuerai à faire ce que j’ai envie comme j’ai envie », conclut-elle.

A Guinguamp, une autre agression a eu lieu et pour laquelle le motif invoqué est encore la tenue vestimentaire, en l’occurrence le port d’un short.

Mercredi dernier, une lycéenne de 17 ans habillée en short sort de son lycée lorsqu’elle est prise à partie par un homme. Celui-ci lui fait des réflexions et lui reproche sa tenue qu’il juge “trop provocante”. L’homme lui assène alors trois coups de poing dans le visage, avant de s’enfuir coursé par des témoins et tout en les menaçant avec un couteau pour couvrir sa fuite.

La gendarmerie est à la recherche de l’agresseur et n’a pas encore été identifié.

La jeune fille, très choquée par cette agression, s’est vue prescrire 3 jours d’ITT et a porté plainte.


Céline Pina a publié, sur le Figaro, une tribune dans laquelle elle s’exprime sur les affaires des shorts : “Affaire des shorts : La police de la vertu islamiste impose ses normes par la violence”.

Je suis totalement en accord avec son point de vue et en un mot : je plussois !

Ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France socialiste, Céline Pina avait dénoncé, en 2015, le salon de “la femme musulmane” de Pontoise. Elle a récemment publié “Silence Coupable” (éditions Kero).

“À Toulon ce dimanche, deux hommes se sont fait agresser et frapper sous les yeux de leurs enfants, par une bande de jeunes issus de la cité dite « sensible » des Œillets, simplement parce que les femmes qui les accompagnaient étaient en short.

Toujours à Toulon, le 13 juin 2016, une jeune fille de 18 ans s’était faite insulter et menacer dans le bus de la ligne 3, par une bande de fille de son âge parce qu’elle portait un short.

Aux cris de « putes » et « vas-y mets-toi toute nue », les jeunes hommes sont venus exercer une police de la vertu que l’on croyait impossible sous nos latitudes. Dans le cas de la jeune fille en short, qui a raconté son agression sur Facebook, à la question « pourquoi vous me traitez de pute parce que je porte un short alors qu’un homme peut se balader torse nu en plein centre-ville sans que personne n’y trouve rien à redire ? », les jeunes femmes ont répondu « ben parce que t’es une femme, faut se respecter, sale conne. » Ces gardiennes sourcilleuses de la pudeur des femmes, mais peu de la chasteté de leur vocabulaire par ailleurs, ont tout dit : un homme on doit le respecter, une femme doit se respecter.

On ne saurait plus clairement exprimer l’injonction à intégrer l’assignation à la pudeur comme une norme sociale et l’autocensure comme une norme comportementale. Une assignation à la pudeur qui plonge ses racines dans l’hypersexualisation du corps féminin et qui explique le rejet du corps de la femme, vu comme intrinsèquement impur et sale.

La question du burkini, la multiplication des voiles intégraux, l’agression des femmes en short et le tabassage de leurs compagnons participent de la même logique. Faire du corps de la femme, un enjeu social et politique, un marqueur de la progression d’une idéologie au sein de la société. Dans les deux cas, c’est au nom de la transgression d’une « pudeur », érigée en norme pour la femme, que les agresseurs sont passés à l’acte. Le corps enseveli de la femme, la visibilité de son invisibilisation marque sa soumission à un ordre social où elle ne doit pas exister dans la sphère publique, car elle y apporte le désordre et le dérèglement sexuel. Le short est vécu par certains comme la marque du refus de cette soumission, des résistances à cette nouvelle norme et les agressions qu’il déclenche témoignent de l’influence que gagnent les islamistes dans certains secteurs, où ils ont imposé leur vision du monde faite de séparatisme sexuel et confessionnel, quand bien même la pratique religieuse serait frustre ou aléatoire. Que les hommes aient été passés à tabac obéit au même processus. Puisque la femme, chez ces esprits rétrogrades appartient aux hommes, ceux qui n’imposent pas à leurs femmes cette nouvelle norme, sont faibles, traîtres à leur sexe et sont donc punit de leur déloyauté.

C’est par la violence que les islamistes veulent imposer leurs normes. Ces provocations et agressions sont des avertissements envoyés à un mode de vie qu’ils combattent. Un mode de vie, où la reconnaissance de la liberté des femmes n’est pas l’acceptation de leur frivolité, mais la reconnaissance de leur pleine capacité de citoyenne, qui va avec le droit de vivre en société avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les hommes. Ces agressions sont un message politique clair : nous tenons les lieux, nous sommes puissants et prêt à en découdre. Vous ne maintiendrez votre mode de vie qu’à vos risques et périls. Et les tests de résistance comme les passage à l’acte se multiplient, sur les plages et dans les quartiers… La peur et le rejet que cette attitude génère est normale. Elle alimente le vote Front National et ce d’autant mieux si les regards se détournent… À la manifestation organisée à Toulon appelée « marche en shorts » après l’agression de la jeune fille en juin, il n’y avait pas un seul élu…

On n’éteindra pas la volonté de conquérir le pouvoir de ceux qui se servent de l’Islam pour imposer leur totalitarisme politique (y compris en attisant le feu de la guerre civile) en ignorant la multiplication de leurs provocations, mais en indiquant clairement que certaines attitudes sont séparatistes et inacceptables.

Une Nation n’est pas une auberge espagnole, ni un monde de bisounours où la tolérance suffirait à éviter tous les conflits. Nous avons tous à nous intégrer au monde commun qu’elle propose et celui-ci a son histoire, ses bornes, ses références et ses exigences. Il arrive ainsi que des revendications soient incompatibles et la notion de conflits de valeurs n’est pas une vue de l’esprit. Ceux qui combattent les fondamentaux de notre contrat social, ou en épousent les provocations violentes ou symboliques, n’y trouveront pas leur place et subiront l’opprobre et la marginalisation, à partir du moment où la manifestation de cet opprobre reste dans le cadre de la loi. Cela n’a rien à voir avec de la stigmatisation et tout à voir avec la justice.”

 

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Publié dans Intégrisme islamiste, Société

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